• Passer à la navigation principale
  • Passer au contenu principal
  • Passer à la barre latérale principale
  • Passer au pied de page
  • Secondary Navigation Social Media Icons

    • Adresse mail
    • Facebook
    • Instagram
L’InstaPlume de Fida

L’InstaPlume de Fida

Chroniqueuse ・ Écrivaine

  • À Propos
  • Contact
  • Les Écrits
    • Articles
    • Réflexions
    • Ouvrages
    • Manuscrits
Vous êtes ici : Accueil / Articles / Confinement : leçons et surprises

Confinement : leçons et surprises

18.05.20 | L’InstaPlume de Fida | No Comments

Getting your Trinity Audio player ready...
Dans L’Orient-Le Jour/OLJ par Fida Khalifé Absi, le 18 mai 2020 à 00h00

Je prends le sentier escarpé où les cailloux s’enfoncent dans mes baskets, rendant ma course encore plus ardue. La musique crie fort dans mes tympans. Elle m’aide à mieux supporter la douleur qui irradie le long de ma jambe, deux semaines après ma chute. Perdue dans mes pensées, je dévale les champs de lavande qui scintillent sous un ciel azur. De fines gouttelettes de sueur perlent sur ma peau, mais mon corps rejette tout signe de fatigue. Il fonce droit au but. Mais quel but exactement? Et pour prouver quoi au juste ?

Mes pensées courent follement au tempo de mon jogging. Confinées elles aussi depuis plus de deux mois, elles se révoltent, tentent de fuir la cage étroite de mon corps pour retrouver un semblant de logique. Un semblant de liberté. Dans l’isolation forcée où le silence des rues contraste avec le chaos de l’intérieur, j’apprends tant de leçons, vis tant d’émotions. Je ne sais même pas comment je parviens à investir mon temps, comment je réussis à inventer des coins positifs là où la négativité fait du surplace.

Au cœur de cette tempête, les repères n’existent pas. Le temps non plus, englouti dans l’espace qui se répète au fil des jours. Mais parfois, les tempêtes ne viennent pas de l’extérieur. Dehors, c’est le calme absolu. Le silence total. Parfois les tempêtes naissent en toi, tourbillonnent en toi, meurent en toi. Et tu ne réalises même pas si elles sont vraiment passées, si elles sont réellement finies et comment tu as pu y survivre. Ce que tu remarques, ce sont les séquelles qu’elles laissent en toi. Les leçons. Les surprises.

Dans toute tempête, quand les violentes rafales de vent se taisent et que la vision devient plus claire, tu réalises parfois que tu as perdu des choses importantes, des êtres précieux, ou de pures illusions. Une tempête peut être sadique : quand elle te réveille, elle prend son temps avant d’arrêter de te secouer.

Une tempête, ce sont les déceptions qui resserrent ton cœur et immobilisent ton élan, mais ce sont aussi les émotions qui enrichissent ton âme et te propulsent en avant.

Une tempête, ce sont les moments où ta patience dépasse ton entendement quand tu comprends que chaque personne, chaque parent, chaque ami souffre à sa façon et que ses réactions lui sont propres, mais ce sont aussi les bourrasques d’intolérance quand tu peux être impitoyable envers ceux à qui tu accordes une place importante dans ta vie et qui sont les premiers à te tourner le dos.

Une tempête, ce sont les êtres qui s’invitent dans ton existence par pure curiosité, par manque d’imagination, avec des mots creux qui n’arrivent jamais à exprimer leurs sentiments ou plutôt leur insensibilité, avec des silences aussi lourds que leurs peaux de crocodile ; mais ce sont aussi et surtout les regards qui te rassasient de chaleur, qui sécrètent une tendresse si douce qu’elle en devient anesthésiante, des regards qui te parlent sans mot dire, qui entendent ce que tu ne dis pas, qui voient ce que tu ne dévoiles pas.

Une tempête, ce sont des années qui s’écoulent fadement comme un long fleuve tranquille, mais ce sont aussi et surtout des instants éphémères qui contiennent tant d’années. Des moments de hasard qui ne sont pas forcément dus au hasard.

Mais c’est exactement ça la vie : quand tout est imprévisible, quand rien n’est définitif. Sinon, ce serait de la pure survie. Et la survie tout court n’est pas faite pour moi.

Tweetez
Partagez
Partagez
Épingle
← Post Précédent
La nuit que l’insomnie refuse de lâcher
Post Suivant →
Je ne veux plus !

À propos L’InstaPlume de Fida

Barre latérale principale

𓂃🪶 Fida

Chroniqueuse et Écrivaine

Catégories

  • Articles
  • Manuscrits
  • Ouvrages
  • Réflexions
  • Textes

Archives

Étiquettes

Ajaltoun Amchit amitié amour apocalypse art autobiographie Beyrouth bleu carnage Covid-19 culture deuil enfant espoir femme Ici Beyrouth international women's day journée internationale des femmes Kafka Liban libanaise liberté Lisbonne mort mère méditation namaste Norma Jeane nouvel an Noël OLJ paix papa quotidien réalité révolution rêves sang sculpture sentiments silence vivre écrire émigration
J’ai trouvé dans mon armoire cette photo de ma tan J’ai trouvé dans mon armoire cette photo de ma tante Alice, qui n’est plus de ce monde. Je réalise à quel point cette photo lui rend justice. Son sourire, son visage reflètent son innocence, sa candeur et son affection. Elle était le symbole même de la bonté. Elle avait la larme facile, le coeur sur la main et trouvait toujours des excuses aux autres, quels que soient leurs défauts. Ce post n’est pas seulement un hommage à cet ange qui repose désormais dans l’au-delà, mais il est surtout un hommage à tout ce qui est stigmatisé de nos jours: la transparence, la gentillesse, la générosité émotionnelle, l’expression de l’amour. 
Tout est éphémère: le pouvoir, l’argent, les apparences, la santé, tout simplement parce que nous sommes humains. Ce qui transcende notre mortalité et donne un sens à la vie, c’est précisément notre humanité dans toute sa vulnérabilité. 

#hommage #amour #humanité
“Quel est le parasite le plus résistant : une bact “Quel est le parasite le plus résistant : une bactérie, un virus, un ver intestinal ? … Une idée.”
Citation tirée du film Inception. Ce film m’avait profondément marquée, bouleversant ma perception du monde réel et imaginaire, des rêves et de la manière dont notre cerveau (conscient, inconscient et subconscient) fonctionne face aux émotions, aux souvenirs, à la réalité…

Photos prises à l’intérieur de l’immeuble Union, à Sanayeh, Beyrouth, dans le cadre de l’exposition We Design Beirut @wedesignbeirut 
Scénario d’éclairage par @smartervolts
J’ai rencontré Mira S. à l’hôpital. Nous étions J’ai rencontré Mira S. à l’hôpital. 

Nous étions toutes deux adossées au mur du service d’oncologie, les épaules affaissées, l’esprit ailleurs. Nos regards fatigués se sont croisés, esquivés, puis retrouvés. Des regards furtifs, chacune craignant que les terreurs enfouies dans ses pupilles ne soient dévoilées.

Je lui ai adressé un sourire timide.

– « Un cappuccino ? » a-t-elle proposé. « Je vais à la cafet. »

Aussitôt dit, aussitôt fait. Un quart d’heure plus tard, elle longeait le couloir interminable, aux couleurs sarcastiques du printemps, deux cappuccinos nichés dans une petite boîte en carton.

Mira avait de longs cheveux châtains ondulés, des yeux noisette emplis de tristesse et un sourire franc. Ingénieure installée à Paris, elle était rentrée au Liban pour être auprès de son père malade. Son mari et son fils d’à peine un an étaient restés en France. Depuis un mois, sa mère, ses deux sœurs et elle se relayaient au chevet de son père.

Une semaine durant, Mira et moi avons partagé une pause-café quotidienne dans ce couloir jaune et vert, dans cette antichambre glaciale de la mort qui guettait nos pères. Nos conversations mêlaient souvenirs d’enfance, traitements antidouleur, soins palliatifs, éloges de nos deux héros à peine conscients, peurs refoulées, sentiments de culpabilité et d’impuissance. (…)

La suite du texte sur mon blog (lien en bio).

Photo: toile d’Huguette Caland, Soleil Rouge (Red Sun), 1964, huile sur toile de lin, 129.5 x 195.6 cm.
Si jamais mon corps venait à s’éteindre demain, av Si jamais mon corps venait à s’éteindre demain, avoir été, ne serait-ce qu’un instant, un rayon de soleil dans la vie d’autrui me suffirait.
Septembre cette année, je le vis pour la première Septembre cette année, je le vis pour la première fois. Parce que cette première fois est sans toi. J’ai arrêté d’écrire en avril 2024, quatre mois après ton diagnostic. Mes doigts refusaient de transcrire les émois de mon cœur: par peur de trahir le calme feint que je m’efforçais de garder en ta présence, pour ne pas fragiliser ton état; par pudeur, mes sentiments relevant de mon jardin intime. Même après ton départ vers un monde inconnu, du moins aux yeux de ma conscience limitée, simple être humain que je suis, tout me retenait de reprendre ma plume. C’est dans un effort délibéré que j’écris ces lignes aujourd’hui. Pour briser l’étau de silence qui se resserre autour de moi avant qu’il ne devienne irréversible. 
Je partage avec toi, avec vous, ces photos de fin d’été qui me rappellent ton envol. Elles incarnent le crépuscule d’un jour, ponctué d’instants d’une vie. Mais voir tant de splendeur et de chaleur dans une scène d’adieux, ou plutôt d’au-revoir, a quelque chose de déchirant. Alors je me contente d’écouter le bruit des vagues qui se brisent sur ces plages de sable et de galet qui font de mon Liban une beauté. La musique de leur déhanchement en pleine mer puis de leur écrasement contre le rivage m’apaise, tel un baume sur mon cœur meurtri. Je ferme les yeux et je t’imagine près de moi, sortant une anecdote insolite suivie d’une parole tendre. Et je souris.
“Un seul être vous manque et tout est dépeuplé” “Un seul être vous manque et tout est dépeuplé”
“Edmond”, l’incontournable pièce d’Alexis Michalik “Edmond”, l’incontournable pièce d’Alexis Michalik au théâtre du @thpalaisroyal . Couronnée de cinq Molières, elle relate la création du célèbre “Cyrano de Bergerac”. Quel bonheur de la regarder en compagnie de ma fille Yara!❤️
“Quand je n’ai plus d’honneur, l’honneur n’existe “Quand je n’ai plus d’honneur, l’honneur n’existe plus .”
Du roman en vers de Pouchkine, Eugène Onéguine, œuvre phare de la littérature russe du XIXe siècle, John Cranko a créé un ballet époustouflant, une merveille au Palais Garnier @balletoperadeparis où le talentueux @mathieuganioofficiel a fait ses adieux à la scène, sur scène. 

#ballet #oneguine #mathieuganio

Footer

Contactez Fida

Si vous avez la moindre question, n'hésitez pas à m'écrire à info@linstaplumedefida.com

Message

Liens

  • Adresse mail
  • Facebook
  • Instagram

Newsletter

Inscrivez-vous à la newsletter pour obtenir les mises à jour

L’instaPlume De Fida © 2026. Tous droits réservés.

Isla Theme by Code + Coconut