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Puisque la vie n’est pas toujours rose

28.05.22 | L’InstaPlume de Fida | No Comments

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Dans Ici Beyrouth par Fida Khalifé, le 28 mai 2022 à 16:34

Puisque la vie n’est pas toujours rose, j’ai décidé de vivre. Non pas juste exister, mais vivre. Vivre dans mon propre sens du terme, selon ma définition personnelle du bonheur, dans l’univers qui me définit, même s’il ne correspond pas toujours à l’image imposée par les autres. Vivre dans le cadre qui m’identifie, qu’il soit une toute petite bulle ou plus illimité que le ciel, il me revient à chaque matin de le décider. J’ai appris à apprivoiser les sentiments négatifs qui accompagnent naturellement la vie quotidienne, à ouvrir grand les bras pour accueillir la peur, le chagrin, la déception, les laisser venir à moi sans résistance, sans lutte, m’effleurer à fleur de peau pour ensuite les laisser partir en paix.

J’ai appris que la souffrance émane du sens qu’on donne aux choses de la vie. Alors j’ai décidé d’aborder les mauvaises nouvelles et les grands défis selon la signification qui m’apaise, de voir le monde sous l’angle qui me convient, à travers ma loupe aux faisceaux lumineux. J’ai arrêté de rejeter les difficultés et les pertes. Avec le recul, elles se sont avérées être un tremplin vers un nouveau départ, vers une découverte plus poussée de ce « moi » qui ne cesse de m’intriguer. Quand elles me frappent de plein fouet, je respire à fond et je puise au plus profond de mon être la force qu’engendre le calme. Selon les normes sociales, l’immobilité serait synonyme de faiblesse, d’abdication. Dans mon cadre à moi, elle est souvent ma source de puissance. « Parfois, lâcher prise est un acte plus puissant que se défendre ou s’accrocher », selon Eckhart Tolle. Ça me permet de retrouver mon centre telle la fleur de lotus à la surface de l’eau, de calmer les tempêtes qui déferlent sur moi quand les rafales de vent secouent ma voile. Lorsque les péripéties du monde extérieur menacent de faire chavirer mon navire, je me ressource dans mon monde fait de silence, de méditation, d’effort physique. C’est là que je me libère de leur poids pour me faire plus légère, pour décoller du sol aride telle une montgolfière. Pour voler plus haut, plus loin, le regard droit devant.

J’ai appris que vivre dans le passé ou dans le futur n’apporte que de la souffrance. Il n’est pas d’autre réalité que le présent, sinon je n’existerais qu’à travers les souvenirs du passé ou l’anticipation de l’avenir. Alors j’essaie de vivre le moment présent dans toute sa profondeur. Je savoure le plaisir d’être en vie. En chair et en os. Je prends le temps de vivre mon quotidien, de vaquer à mes occupations terrestres. J’écoute mon corps quand il parle. J’ouvre mon cœur à la vulnérabilité et mon esprit à la nouveauté. Dans le brouhaha assourdissant de Beyrouth, je ferme les yeux pour entendre le chant des oiseaux perchés sur les rares arbres de ma ville. À l’heure flamboyante du crépuscule, je ralentis ma course sur la corniche pour contempler le ciel enflammé qui embrasse farouchement la Méditerranée. Je me fonds dans la foule sans pour autant rythmer mes pas à la cadence de son empressement. Je me fonds dans la foule comme une inconnue sans passé, sans identité définie, comme on laisse son ego se dissiper dans l’esprit commun de l’humanité, comme on voltige légèrement, le sourire dans le cœur, l’âme libre, parce que la vie éphémère d’ici-bas n’est pas aussi grave qu’elle ne le paraît.

Photo: toile de Fady Chammas, Ain el Mreisseh 1960, 60 x 60 cm

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J’ai trouvé dans mon armoire cette photo de ma tan J’ai trouvé dans mon armoire cette photo de ma tante Alice, qui n’est plus de ce monde. Je réalise à quel point cette photo lui rend justice. Son sourire, son visage reflètent son innocence, sa candeur et son affection. Elle était le symbole même de la bonté. Elle avait la larme facile, le coeur sur la main et trouvait toujours des excuses aux autres, quels que soient leurs défauts. Ce post n’est pas seulement un hommage à cet ange qui repose désormais dans l’au-delà, mais il est surtout un hommage à tout ce qui est stigmatisé de nos jours: la transparence, la gentillesse, la générosité émotionnelle, l’expression de l’amour. 
Tout est éphémère: le pouvoir, l’argent, les apparences, la santé, tout simplement parce que nous sommes humains. Ce qui transcende notre mortalité et donne un sens à la vie, c’est précisément notre humanité dans toute sa vulnérabilité. 

#hommage #amour #humanité
“Quel est le parasite le plus résistant : une bact “Quel est le parasite le plus résistant : une bactérie, un virus, un ver intestinal ? … Une idée.”
Citation tirée du film Inception. Ce film m’avait profondément marquée, bouleversant ma perception du monde réel et imaginaire, des rêves et de la manière dont notre cerveau (conscient, inconscient et subconscient) fonctionne face aux émotions, aux souvenirs, à la réalité…

Photos prises à l’intérieur de l’immeuble Union, à Sanayeh, Beyrouth, dans le cadre de l’exposition We Design Beirut @wedesignbeirut 
Scénario d’éclairage par @smartervolts
J’ai rencontré Mira S. à l’hôpital. Nous étions J’ai rencontré Mira S. à l’hôpital. 

Nous étions toutes deux adossées au mur du service d’oncologie, les épaules affaissées, l’esprit ailleurs. Nos regards fatigués se sont croisés, esquivés, puis retrouvés. Des regards furtifs, chacune craignant que les terreurs enfouies dans ses pupilles ne soient dévoilées.

Je lui ai adressé un sourire timide.

– « Un cappuccino ? » a-t-elle proposé. « Je vais à la cafet. »

Aussitôt dit, aussitôt fait. Un quart d’heure plus tard, elle longeait le couloir interminable, aux couleurs sarcastiques du printemps, deux cappuccinos nichés dans une petite boîte en carton.

Mira avait de longs cheveux châtains ondulés, des yeux noisette emplis de tristesse et un sourire franc. Ingénieure installée à Paris, elle était rentrée au Liban pour être auprès de son père malade. Son mari et son fils d’à peine un an étaient restés en France. Depuis un mois, sa mère, ses deux sœurs et elle se relayaient au chevet de son père.

Une semaine durant, Mira et moi avons partagé une pause-café quotidienne dans ce couloir jaune et vert, dans cette antichambre glaciale de la mort qui guettait nos pères. Nos conversations mêlaient souvenirs d’enfance, traitements antidouleur, soins palliatifs, éloges de nos deux héros à peine conscients, peurs refoulées, sentiments de culpabilité et d’impuissance. (…)

La suite du texte sur mon blog (lien en bio).

Photo: toile d’Huguette Caland, Soleil Rouge (Red Sun), 1964, huile sur toile de lin, 129.5 x 195.6 cm.
Si jamais mon corps venait à s’éteindre demain, av Si jamais mon corps venait à s’éteindre demain, avoir été, ne serait-ce qu’un instant, un rayon de soleil dans la vie d’autrui me suffirait.
Septembre cette année, je le vis pour la première Septembre cette année, je le vis pour la première fois. Parce que cette première fois est sans toi. J’ai arrêté d’écrire en avril 2024, quatre mois après ton diagnostic. Mes doigts refusaient de transcrire les émois de mon cœur: par peur de trahir le calme feint que je m’efforçais de garder en ta présence, pour ne pas fragiliser ton état; par pudeur, mes sentiments relevant de mon jardin intime. Même après ton départ vers un monde inconnu, du moins aux yeux de ma conscience limitée, simple être humain que je suis, tout me retenait de reprendre ma plume. C’est dans un effort délibéré que j’écris ces lignes aujourd’hui. Pour briser l’étau de silence qui se resserre autour de moi avant qu’il ne devienne irréversible. 
Je partage avec toi, avec vous, ces photos de fin d’été qui me rappellent ton envol. Elles incarnent le crépuscule d’un jour, ponctué d’instants d’une vie. Mais voir tant de splendeur et de chaleur dans une scène d’adieux, ou plutôt d’au-revoir, a quelque chose de déchirant. Alors je me contente d’écouter le bruit des vagues qui se brisent sur ces plages de sable et de galet qui font de mon Liban une beauté. La musique de leur déhanchement en pleine mer puis de leur écrasement contre le rivage m’apaise, tel un baume sur mon cœur meurtri. Je ferme les yeux et je t’imagine près de moi, sortant une anecdote insolite suivie d’une parole tendre. Et je souris.
“Un seul être vous manque et tout est dépeuplé” “Un seul être vous manque et tout est dépeuplé”
“Edmond”, l’incontournable pièce d’Alexis Michalik “Edmond”, l’incontournable pièce d’Alexis Michalik au théâtre du @thpalaisroyal . Couronnée de cinq Molières, elle relate la création du célèbre “Cyrano de Bergerac”. Quel bonheur de la regarder en compagnie de ma fille Yara!❤️
“Quand je n’ai plus d’honneur, l’honneur n’existe “Quand je n’ai plus d’honneur, l’honneur n’existe plus .”
Du roman en vers de Pouchkine, Eugène Onéguine, œuvre phare de la littérature russe du XIXe siècle, John Cranko a créé un ballet époustouflant, une merveille au Palais Garnier @balletoperadeparis où le talentueux @mathieuganioofficiel a fait ses adieux à la scène, sur scène. 

#ballet #oneguine #mathieuganio

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