• Passer à la navigation principale
  • Passer au contenu principal
  • Passer à la barre latérale principale
  • Passer au pied de page
  • Secondary Navigation Social Media Icons

    • Adresse mail
    • Facebook
    • Instagram
L’InstaPlume de Fida

L’InstaPlume de Fida

Chroniqueuse ・ Écrivaine

  • À Propos
  • Contact
  • Les Écrits
    • Articles
    • Réflexions
    • Ouvrages
    • Manuscrits
Vous êtes ici : Accueil / Articles / Les flambeaux de la nation

Les flambeaux de la nation

01.04.23 | L’InstaPlume de Fida | No Comments

Getting your Trinity Audio player ready...
Dans Ici Beyrouth par Fida Khalifé, le 1 avril 2023 à 11:05

Du moins peuvent-ils s’aimer. Ils ont à peine vingt ans. À les voir allongés sur l’herbe humide de rosée, une tête blonde reposant sur une épaule carrée, le monde cesse soudain d’être un cachot affreux. Autour d’eux, le printemps naissant s’impose dans toute sa splendeur. Les amandiers sont en fleurs, les champs sont jonchés de primevères et de cyclamens sous un ciel bleu glacé que fendent des vols d’hirondelles synchronisés. Il est difficile de croire que cette nature éblouissante de beauté soit nichée dans un pays rouillé, tel un bijou dans un écrin effrité. Il est difficile de croire que la nation où la mer et le ciel se confondent, où les vagues écumées épousent les flancs enneigés, abrite autant de misère et de pourriture.

Autour de ce couple aux doigts entrelacés qui irradie de jeunesse et espère un avenir à la hauteur de ses rêves, il est un pays entier dont le cœur cesse de battre. Un Liban qui s’effondre sur tous les plans et qui emporte dans son sillage toute motivation de lutter, tout espoir de se relever. Les foyers se vident de leurs jeunes, voire de familles entières en quête de nouvelles patries où elles vivraient en dignité. Les liens sociaux se disloquent. La société, jadis fêtarde, désormais en voie de paupérisation, se recroqueville sur elle-même. Chacun se réfugie dans son cocon, quoique mal éclairé, mal réchauffé, mal décoré. Qui oserait de surcroît s’aventurer dehors en des temps pareils, surtout à la tombée de la nuit, quand les rues plongées dans le noir absolu deviennent des venelles propices au crime, au viol et au vol? Qui viendrait à la rescousse des victimes dans un État qui prône l’impunité, où les décisions sont prises pour assouvir des intérêts personnels au risque de diviser un peuple déjà craquelé? Même la population qui s’est toujours vantée de sa solidarité se refoule dans une position fœtale de détresse. Elle est trop hébétée pour voler au secours des joggeuses agressées et violées, pour sauver des femmes battues et assassinées au nom de  » l’honneur familial ». Elle est trop dépressive pour se révolter contre les lois archaïques et sexistes, trop passive pour agir contre la corruption et la violation des droits, pour s’élever contre le monopole du pouvoir et l’effondrement financier et économique de toute une nation.

Que reste-t-il dans ce pays pour alimenter l’espérance ? Pour que les jeunes – comme ce couple amoureux – et les moins jeunes puissent sortir de ce dédale infernal et se promener dans les prés verdoyants, insouciants et libres, et non comme des esprits errants? Libres et libérés de leurs angoisses et de l’humiliation qui leur nouent la gorge et l’estomac chaque matin en pensant à leurs soucis quotidiens? Pas grand-chose sans doute.

Alors autant profiter du soleil qui ne manque jamais de se lever à l’heure où blanchit l’horizon. Autant apprécier l’amitié sincère et nos cercles restreints, mais authentiques, qui nous forcent à garder la foi en l’espèce humaine. Autant chérir les conversations tantôt profondes tantôt frivoles qui enrichissent notre monde intérieur et mettent du baume à nos cœurs blessés. Autant remercier les mains discrètes qui se tendent généreusement vers les foyers qui peinent à subvenir à leurs besoins, vers les gens qui n’ont plus aucun recours. Autant louer les organisations et les associations qui éclairent les boulevards obscurs, organisent les évènements sportifs et culturels, lancent les campagnes de sensibilisation contre les fléaux sociaux et sociétaux et luttent sans merci contre toutes sortes de crimes et d’exactions. Autant honorer le corps médical et hospitalier qui se sacrifie pour pallier le manque de soins et de médicaments dans un secteur qui faisait la renommée de la nation. Autant admirer les entrepreneurs et les restaurateurs qui investissent toujours dans le pays et croient à un avenir florissant pour les affaires. Autant applaudir les artistes qui ne renoncent pas aux expositions, aux concerts et aux planches, parce que leur art refuse de mourir à petit feu, parce que leur créativité ne saurait être domptée. Autant célébrer les écrivains et les poètes qui éveillent nos émotions et nous font sentir vivants sur cette terre où la mort tente de planter son drapeau noir. Autant couvrir de tendresse ces mères qui continuent de se mettre aux fourneaux et lâchent bride à leurs talents culinaires pour préserver les réunions familiales autour des tablées, même quand les moyens sont modestes, même quand la crise limite les dépenses. Autant admirer les lèvres qui continuent de sourire, les corps qui continuent de danser, les mains qui donnent sans compter et les cœurs qui répandent l’amour inconditionnel.

Ce sont les flambeaux qui éclairent la voie quand les plafonds du désespoir menacent de nous écraser. Ce sont les porteurs d’espoir qui donnent sens à notre vie quand l’édifice des valeurs, des principes et de l’humanisme risquent de s’écrouler. À leurs lumières, nos cœurs reconnaissants.

Photo: aquarelle de Sandra Kheir Sahyoun

Tweetez
Partagez
Partagez
Épingle
← Post Précédent
Lui: Pourquoi veux-tu garder l’enfant en toi?
Post Suivant →
La dame de l’ombre et de la lumière

À propos L’InstaPlume de Fida

Barre latérale principale

𓂃🪶 Fida

Chroniqueuse et Écrivaine

Catégories

  • Articles
  • Manuscrits
  • Ouvrages
  • Réflexions
  • Textes

Archives

Étiquettes

Ajaltoun Amchit amitié amour apocalypse art autobiographie Beyrouth bleu carnage Covid-19 culture deuil enfant espoir femme Ici Beyrouth international women's day journée internationale des femmes Kafka Liban libanaise liberté Lisbonne mort mère méditation namaste Norma Jeane nouvel an Noël OLJ paix papa quotidien réalité révolution rêves sang sculpture sentiments silence vivre écrire émigration
J’ai trouvé dans mon armoire cette photo de ma tan J’ai trouvé dans mon armoire cette photo de ma tante Alice, qui n’est plus de ce monde. Je réalise à quel point cette photo lui rend justice. Son sourire, son visage reflètent son innocence, sa candeur et son affection. Elle était le symbole même de la bonté. Elle avait la larme facile, le coeur sur la main et trouvait toujours des excuses aux autres, quels que soient leurs défauts. Ce post n’est pas seulement un hommage à cet ange qui repose désormais dans l’au-delà, mais il est surtout un hommage à tout ce qui est stigmatisé de nos jours: la transparence, la gentillesse, la générosité émotionnelle, l’expression de l’amour. 
Tout est éphémère: le pouvoir, l’argent, les apparences, la santé, tout simplement parce que nous sommes humains. Ce qui transcende notre mortalité et donne un sens à la vie, c’est précisément notre humanité dans toute sa vulnérabilité. 

#hommage #amour #humanité
“Quel est le parasite le plus résistant : une bact “Quel est le parasite le plus résistant : une bactérie, un virus, un ver intestinal ? … Une idée.”
Citation tirée du film Inception. Ce film m’avait profondément marquée, bouleversant ma perception du monde réel et imaginaire, des rêves et de la manière dont notre cerveau (conscient, inconscient et subconscient) fonctionne face aux émotions, aux souvenirs, à la réalité…

Photos prises à l’intérieur de l’immeuble Union, à Sanayeh, Beyrouth, dans le cadre de l’exposition We Design Beirut @wedesignbeirut 
Scénario d’éclairage par @smartervolts
J’ai rencontré Mira S. à l’hôpital. Nous étions J’ai rencontré Mira S. à l’hôpital. 

Nous étions toutes deux adossées au mur du service d’oncologie, les épaules affaissées, l’esprit ailleurs. Nos regards fatigués se sont croisés, esquivés, puis retrouvés. Des regards furtifs, chacune craignant que les terreurs enfouies dans ses pupilles ne soient dévoilées.

Je lui ai adressé un sourire timide.

– « Un cappuccino ? » a-t-elle proposé. « Je vais à la cafet. »

Aussitôt dit, aussitôt fait. Un quart d’heure plus tard, elle longeait le couloir interminable, aux couleurs sarcastiques du printemps, deux cappuccinos nichés dans une petite boîte en carton.

Mira avait de longs cheveux châtains ondulés, des yeux noisette emplis de tristesse et un sourire franc. Ingénieure installée à Paris, elle était rentrée au Liban pour être auprès de son père malade. Son mari et son fils d’à peine un an étaient restés en France. Depuis un mois, sa mère, ses deux sœurs et elle se relayaient au chevet de son père.

Une semaine durant, Mira et moi avons partagé une pause-café quotidienne dans ce couloir jaune et vert, dans cette antichambre glaciale de la mort qui guettait nos pères. Nos conversations mêlaient souvenirs d’enfance, traitements antidouleur, soins palliatifs, éloges de nos deux héros à peine conscients, peurs refoulées, sentiments de culpabilité et d’impuissance. (…)

La suite du texte sur mon blog (lien en bio).

Photo: toile d’Huguette Caland, Soleil Rouge (Red Sun), 1964, huile sur toile de lin, 129.5 x 195.6 cm.
Si jamais mon corps venait à s’éteindre demain, av Si jamais mon corps venait à s’éteindre demain, avoir été, ne serait-ce qu’un instant, un rayon de soleil dans la vie d’autrui me suffirait.
Septembre cette année, je le vis pour la première Septembre cette année, je le vis pour la première fois. Parce que cette première fois est sans toi. J’ai arrêté d’écrire en avril 2024, quatre mois après ton diagnostic. Mes doigts refusaient de transcrire les émois de mon cœur: par peur de trahir le calme feint que je m’efforçais de garder en ta présence, pour ne pas fragiliser ton état; par pudeur, mes sentiments relevant de mon jardin intime. Même après ton départ vers un monde inconnu, du moins aux yeux de ma conscience limitée, simple être humain que je suis, tout me retenait de reprendre ma plume. C’est dans un effort délibéré que j’écris ces lignes aujourd’hui. Pour briser l’étau de silence qui se resserre autour de moi avant qu’il ne devienne irréversible. 
Je partage avec toi, avec vous, ces photos de fin d’été qui me rappellent ton envol. Elles incarnent le crépuscule d’un jour, ponctué d’instants d’une vie. Mais voir tant de splendeur et de chaleur dans une scène d’adieux, ou plutôt d’au-revoir, a quelque chose de déchirant. Alors je me contente d’écouter le bruit des vagues qui se brisent sur ces plages de sable et de galet qui font de mon Liban une beauté. La musique de leur déhanchement en pleine mer puis de leur écrasement contre le rivage m’apaise, tel un baume sur mon cœur meurtri. Je ferme les yeux et je t’imagine près de moi, sortant une anecdote insolite suivie d’une parole tendre. Et je souris.
“Un seul être vous manque et tout est dépeuplé” “Un seul être vous manque et tout est dépeuplé”
“Edmond”, l’incontournable pièce d’Alexis Michalik “Edmond”, l’incontournable pièce d’Alexis Michalik au théâtre du @thpalaisroyal . Couronnée de cinq Molières, elle relate la création du célèbre “Cyrano de Bergerac”. Quel bonheur de la regarder en compagnie de ma fille Yara!❤️
“Quand je n’ai plus d’honneur, l’honneur n’existe “Quand je n’ai plus d’honneur, l’honneur n’existe plus .”
Du roman en vers de Pouchkine, Eugène Onéguine, œuvre phare de la littérature russe du XIXe siècle, John Cranko a créé un ballet époustouflant, une merveille au Palais Garnier @balletoperadeparis où le talentueux @mathieuganioofficiel a fait ses adieux à la scène, sur scène. 

#ballet #oneguine #mathieuganio

Footer

Contactez Fida

Si vous avez la moindre question, n'hésitez pas à m'écrire à info@linstaplumedefida.com

Message

Liens

  • Adresse mail
  • Facebook
  • Instagram

Newsletter

Inscrivez-vous à la newsletter pour obtenir les mises à jour

L’instaPlume De Fida © 2026. Tous droits réservés.

Isla Theme by Code + Coconut