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C’est une ode à l’amitié

06.10.23 | L’InstaPlume de Fida | No Comments

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Dans Ici Beyrouth par Fida Khalifé, le 6 octobre 2023 à 15:00

— Qu’est-ce qui est le plus important, demanda Grand Panda, le voyage ou la destination?
— La compagnie, répondit Petit Dragon.

C’est une ode à l’amitié. Dans ce Liban où tout se disloque, un pays qui perd son identité et que peu à peu les expatriés quittent sans grand regret à la fin de l’été, il reste ces rapports humains qui mettent du baume au cœur. Les récentes années ont été particulièrement terribles, marquées par la paupérisation des familles, l’isolation, la pandémie, l’impact sur la santé mentale, la fuite des cerveaux et les traumatismes causés par l’explosion, le séisme et les angoisses du lendemain. Quoique triste, c’est parfois dans les grandes tragédies et en pleine tempête que l’on découvre la douceur thérapeutique des liens humains. À chacun son histoire et son lot de soucis, qu’ils soient liés à la santé ou d’ordre financier ou personnel. Que de familles éparpillées aux quatre coins du monde, que de talents envolés, que de couples séparés, que d’êtres emportés trop tôt, que de bouches affamées, que de corps mal traités, que de cœurs brisés! La liste est longue et sinistre.

Et pourtant, au grand dam de la faucheuse des corps et des cœurs, les âmes ont tenu. Grâce aux bras solides qui enlacent les amis en pleurs, aux lèvres qui leur murmurent des mots réconfortants, et embrassent leurs cheveux envolés dans la brise d’une nuit étoilée. Grâce aux rires qui fusent sur la plage, entre les confidences sur les galets blancs et parmi les crabes en fuite, une bière à la main et des cacahuètes au palais. Grâce aux accolades des bandes de copains qui dansent comme des forcenés en pleine liberté, et échangent grandes angoisses et petits soucis entre deux bouchées de mezzé. Grâce aux voisins qui débarquent avec un bouquet de fleurs dans une main et un bol de soupe dans l’autre, lorsque le corps est cloué au lit par une maladie. Grâce à la générosité des familles qui s’entraident, à l’indulgence des cœurs injustement traités, à la patience de ceux qui écoutent, consolent et conseillent. Grâce aux amis qui se joignent à toi dans la boue et y pataugent aussi, qu’elle soit le résultat de tes propres erreurs ou cruellement imposée par les circonstances de la vie. Grâce aux doigts qui s’effleurent à la fin de la journée, quand la mer flamboyante engloutit un soleil couchant et que les vulnérabilités se dévoilent en douceur, dans la timidité des regards qui se baissent, dans le courage des faiblesses qui se révèlent.

C’est un hommage à la tendresse, à l’amour, à la générosité. C’est un hommage à la gentillesse des grands, à la compassion des forts, quand on croit à tort qu’elles ont disparu de nos jours. C’est un hommage à la douceur des paroles et l’authenticité des gestes, à la profondeur des dialogues et la légèreté des cœurs. C’est un hommage aux sourires accueillant des souffrants, à l’empathie de ceux qui en ont le plus besoin. C’est un hommage aux voyages entrepris ensemble avec humour et joie, aux chemins parcourus dans la sueur et la fatigue, aux trésors insoupçonnés de la compagnie, de l’amitié.

Égarés dans la brume, Grand Panda et Petit Dragon s’endorment sous le ciel étoilé. Lorsqu’ils s’éveillent, le printemps est là. Comme ils contemplent le soleil se lever à l’horizon, ils prennent conscience qu’une nouvelle aventure formidable les attend.

Photo: Grand Panda et Petit Dragon de James Norbury

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J’ai trouvé dans mon armoire cette photo de ma tan J’ai trouvé dans mon armoire cette photo de ma tante Alice, qui n’est plus de ce monde. Je réalise à quel point cette photo lui rend justice. Son sourire, son visage reflètent son innocence, sa candeur et son affection. Elle était le symbole même de la bonté. Elle avait la larme facile, le coeur sur la main et trouvait toujours des excuses aux autres, quels que soient leurs défauts. Ce post n’est pas seulement un hommage à cet ange qui repose désormais dans l’au-delà, mais il est surtout un hommage à tout ce qui est stigmatisé de nos jours: la transparence, la gentillesse, la générosité émotionnelle, l’expression de l’amour. 
Tout est éphémère: le pouvoir, l’argent, les apparences, la santé, tout simplement parce que nous sommes humains. Ce qui transcende notre mortalité et donne un sens à la vie, c’est précisément notre humanité dans toute sa vulnérabilité. 

#hommage #amour #humanité
“Quel est le parasite le plus résistant : une bact “Quel est le parasite le plus résistant : une bactérie, un virus, un ver intestinal ? … Une idée.”
Citation tirée du film Inception. Ce film m’avait profondément marquée, bouleversant ma perception du monde réel et imaginaire, des rêves et de la manière dont notre cerveau (conscient, inconscient et subconscient) fonctionne face aux émotions, aux souvenirs, à la réalité…

Photos prises à l’intérieur de l’immeuble Union, à Sanayeh, Beyrouth, dans le cadre de l’exposition We Design Beirut @wedesignbeirut 
Scénario d’éclairage par @smartervolts
J’ai rencontré Mira S. à l’hôpital. Nous étions J’ai rencontré Mira S. à l’hôpital. 

Nous étions toutes deux adossées au mur du service d’oncologie, les épaules affaissées, l’esprit ailleurs. Nos regards fatigués se sont croisés, esquivés, puis retrouvés. Des regards furtifs, chacune craignant que les terreurs enfouies dans ses pupilles ne soient dévoilées.

Je lui ai adressé un sourire timide.

– « Un cappuccino ? » a-t-elle proposé. « Je vais à la cafet. »

Aussitôt dit, aussitôt fait. Un quart d’heure plus tard, elle longeait le couloir interminable, aux couleurs sarcastiques du printemps, deux cappuccinos nichés dans une petite boîte en carton.

Mira avait de longs cheveux châtains ondulés, des yeux noisette emplis de tristesse et un sourire franc. Ingénieure installée à Paris, elle était rentrée au Liban pour être auprès de son père malade. Son mari et son fils d’à peine un an étaient restés en France. Depuis un mois, sa mère, ses deux sœurs et elle se relayaient au chevet de son père.

Une semaine durant, Mira et moi avons partagé une pause-café quotidienne dans ce couloir jaune et vert, dans cette antichambre glaciale de la mort qui guettait nos pères. Nos conversations mêlaient souvenirs d’enfance, traitements antidouleur, soins palliatifs, éloges de nos deux héros à peine conscients, peurs refoulées, sentiments de culpabilité et d’impuissance. (…)

La suite du texte sur mon blog (lien en bio).

Photo: toile d’Huguette Caland, Soleil Rouge (Red Sun), 1964, huile sur toile de lin, 129.5 x 195.6 cm.
Si jamais mon corps venait à s’éteindre demain, av Si jamais mon corps venait à s’éteindre demain, avoir été, ne serait-ce qu’un instant, un rayon de soleil dans la vie d’autrui me suffirait.
Septembre cette année, je le vis pour la première Septembre cette année, je le vis pour la première fois. Parce que cette première fois est sans toi. J’ai arrêté d’écrire en avril 2024, quatre mois après ton diagnostic. Mes doigts refusaient de transcrire les émois de mon cœur: par peur de trahir le calme feint que je m’efforçais de garder en ta présence, pour ne pas fragiliser ton état; par pudeur, mes sentiments relevant de mon jardin intime. Même après ton départ vers un monde inconnu, du moins aux yeux de ma conscience limitée, simple être humain que je suis, tout me retenait de reprendre ma plume. C’est dans un effort délibéré que j’écris ces lignes aujourd’hui. Pour briser l’étau de silence qui se resserre autour de moi avant qu’il ne devienne irréversible. 
Je partage avec toi, avec vous, ces photos de fin d’été qui me rappellent ton envol. Elles incarnent le crépuscule d’un jour, ponctué d’instants d’une vie. Mais voir tant de splendeur et de chaleur dans une scène d’adieux, ou plutôt d’au-revoir, a quelque chose de déchirant. Alors je me contente d’écouter le bruit des vagues qui se brisent sur ces plages de sable et de galet qui font de mon Liban une beauté. La musique de leur déhanchement en pleine mer puis de leur écrasement contre le rivage m’apaise, tel un baume sur mon cœur meurtri. Je ferme les yeux et je t’imagine près de moi, sortant une anecdote insolite suivie d’une parole tendre. Et je souris.
“Un seul être vous manque et tout est dépeuplé” “Un seul être vous manque et tout est dépeuplé”
“Edmond”, l’incontournable pièce d’Alexis Michalik “Edmond”, l’incontournable pièce d’Alexis Michalik au théâtre du @thpalaisroyal . Couronnée de cinq Molières, elle relate la création du célèbre “Cyrano de Bergerac”. Quel bonheur de la regarder en compagnie de ma fille Yara!❤️
“Quand je n’ai plus d’honneur, l’honneur n’existe “Quand je n’ai plus d’honneur, l’honneur n’existe plus .”
Du roman en vers de Pouchkine, Eugène Onéguine, œuvre phare de la littérature russe du XIXe siècle, John Cranko a créé un ballet époustouflant, une merveille au Palais Garnier @balletoperadeparis où le talentueux @mathieuganioofficiel a fait ses adieux à la scène, sur scène. 

#ballet #oneguine #mathieuganio

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