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Les grandes choses de la vie

28.02.23 | L’InstaPlume de Fida | No Comments

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Dans Ici Beyrouth par Fida Khalifé, le 28 février 2023 à 10:38

Les choses sont parfois chaotiques, mais ce n’est pas grave. Cela fait partie de la vie. Rien n’est supposé être parfait. Il y a souvent de grands chamboulements: ce sont les grandes choses de la vie. Ces grandes choses peuvent prendre la forme de tragédies humaines ou de catastrophes naturelles. Elles font beaucoup de bruit, nous secouent corps et âme pour longtemps. Elles peuvent prendre la forme diffuse, invisible mais palpable, de la peur, de cette angoisse qui noue l’estomac et la gorge face à la maladie, face à la séparation, face à la mort ou la perspective de la mort.

Les grandes choses sont souvent chaotiques, sinon elles seraient petites. Elles font mal, mal au corps, mal au cœur. Elles s’abattent sur nous sans crier gare, implantent leurs griffes dans notre chair, s’engouffrent violemment dans nos veines, creusent des sillons de souvenirs dans notre cerveau. Elles laissent des traces indélébiles dans notre mémoire. Mais elles partent en catimini. Nous n’entendons pas leurs pas feutrés quand elles quittent la scène. Ce n’est que lorsque le rideau tombe et que le silence, ou plutôt la paix s’installe que nous remarquons leur départ. Elles tombent dans l’oubli des années durant, mais reviennent des fois nous hanter des décennies plus tard. Nous aimerions sans doute remonter le temps pour les effacer, croyant qu’en effaçant la douleur à sa source, en réécrivant le passé, nous pouvons changer l’avenir en plus beau.

Mais ce sont ces événements, ces grandes choses de la vie, surtout celles teintées de malheur, qui façonnent notre personnalité. Si nous les effaçons, nous nous effaçons avec. Que reste-t-il de nous si nous gardons uniquement les belles choses de la vie, les moments de joie, de célébration? En regardant vers le passé, nous découvrons que ce sont les instants les plus douloureux qui ont été les plus grands catalyseurs de notre évolution. Ils nous ont fait grandir, ils nous ont fait mûrir. Comme un tremplin, ils nous ont lancé en avant vers l’ultime manifestation de notre développement personnel. Ils nous ont donné des ailes pour oser sauter dans le vide, pour sortir de l’étroitesse de notre cage, de notre zone de confort, et embrasser le changement, l’inconnu. Et nous découvrons que c’est dans l’inconnu que se cachent les découvertes, les aventures, les illuminations, que nous brisons nos propres limites, que nous comprenons enfin que rien n’est impossible. Nous comprenons que le cerveau humain peut ordonner au corps, à ce même corps périssable, de réaliser l’inimaginable quand il y croit avec force.

C’est aussi et surtout un apprentissage de soi, une redécouverte de soi et une relecture des autres. En osant faire ce saut, nous nous donnons le courage de nous regarder en face, dans le miroir, pour voir notre réalité, pour enlacer notre vérité, le vrai visage de notre être, de notre identité, nos désirs et nos rêves. En ayant l’audace de faire tomber le masque, nous faisons la plus belle rencontre de notre vie, la rencontre avec nous-mêmes. Et du coup, elle nous propulse vers les autres, pour aller à leur rencontre, pour les aimer tels qu’ils sont, sans crainte, voire plus que jamais. Et c’est là que la magie s’opère. Nous découvrons que les grandes choses de la vie, tel le blé en herbe, mènent aux miracles, à une succession de petites choses merveilleuses. N’est-ce pas ça le cycle de la vie, ces hauts et ces bas qui se poursuivent en boucle telles des montagnes russes, et qui constituent les maillons de la grande chaîne qu’est notre existence sur terre? Après la pluie vient le beau temps. Après la mort, la naissance. Ou la renaissance.

C’est ça être vivant, se sentir vivant. Car, en fin de compte, si rien ne bouge, si tout reste statique, quel sens aurait cette vie ici-bas? Elle serait inodore, incolore, insipide. C’est en perdant goût à la vie, en préférant le confort de notre petit coin aux horizons de l’évolution, parfois de la révolution, que nous nous approchons de la mort, que nous n’osons plus avancer, que nous nous complaisons dans les souvenirs du passé au lieu d’aller de l’avant, au lieu de vivre le présent et d’être prêt à affronter l’avenir sous toutes ses formes. Être vivant c’est parfois aussi laisser la vie nous guider, nous emporter par ses courants sans résister, surtout en période d’intempéries, jusqu’à ce que la tempête se calme. Que notre tempête se calme. C’est alors que nous pouvons reprendre le contrôle de notre vie et que nous avons le pouvoir de changer le cours du navire tout en gardant les yeux sur l’horizon.

« La vie est un défi à relever, un bonheur à mériter, une aventure à tenter. » – Mère Teresa

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J’ai trouvé dans mon armoire cette photo de ma tan J’ai trouvé dans mon armoire cette photo de ma tante Alice, qui n’est plus de ce monde. Je réalise à quel point cette photo lui rend justice. Son sourire, son visage reflètent son innocence, sa candeur et son affection. Elle était le symbole même de la bonté. Elle avait la larme facile, le coeur sur la main et trouvait toujours des excuses aux autres, quels que soient leurs défauts. Ce post n’est pas seulement un hommage à cet ange qui repose désormais dans l’au-delà, mais il est surtout un hommage à tout ce qui est stigmatisé de nos jours: la transparence, la gentillesse, la générosité émotionnelle, l’expression de l’amour. 
Tout est éphémère: le pouvoir, l’argent, les apparences, la santé, tout simplement parce que nous sommes humains. Ce qui transcende notre mortalité et donne un sens à la vie, c’est précisément notre humanité dans toute sa vulnérabilité. 

#hommage #amour #humanité
“Quel est le parasite le plus résistant : une bact “Quel est le parasite le plus résistant : une bactérie, un virus, un ver intestinal ? … Une idée.”
Citation tirée du film Inception. Ce film m’avait profondément marquée, bouleversant ma perception du monde réel et imaginaire, des rêves et de la manière dont notre cerveau (conscient, inconscient et subconscient) fonctionne face aux émotions, aux souvenirs, à la réalité…

Photos prises à l’intérieur de l’immeuble Union, à Sanayeh, Beyrouth, dans le cadre de l’exposition We Design Beirut @wedesignbeirut 
Scénario d’éclairage par @smartervolts
J’ai rencontré Mira S. à l’hôpital. Nous étions J’ai rencontré Mira S. à l’hôpital. 

Nous étions toutes deux adossées au mur du service d’oncologie, les épaules affaissées, l’esprit ailleurs. Nos regards fatigués se sont croisés, esquivés, puis retrouvés. Des regards furtifs, chacune craignant que les terreurs enfouies dans ses pupilles ne soient dévoilées.

Je lui ai adressé un sourire timide.

– « Un cappuccino ? » a-t-elle proposé. « Je vais à la cafet. »

Aussitôt dit, aussitôt fait. Un quart d’heure plus tard, elle longeait le couloir interminable, aux couleurs sarcastiques du printemps, deux cappuccinos nichés dans une petite boîte en carton.

Mira avait de longs cheveux châtains ondulés, des yeux noisette emplis de tristesse et un sourire franc. Ingénieure installée à Paris, elle était rentrée au Liban pour être auprès de son père malade. Son mari et son fils d’à peine un an étaient restés en France. Depuis un mois, sa mère, ses deux sœurs et elle se relayaient au chevet de son père.

Une semaine durant, Mira et moi avons partagé une pause-café quotidienne dans ce couloir jaune et vert, dans cette antichambre glaciale de la mort qui guettait nos pères. Nos conversations mêlaient souvenirs d’enfance, traitements antidouleur, soins palliatifs, éloges de nos deux héros à peine conscients, peurs refoulées, sentiments de culpabilité et d’impuissance. (…)

La suite du texte sur mon blog (lien en bio).

Photo: toile d’Huguette Caland, Soleil Rouge (Red Sun), 1964, huile sur toile de lin, 129.5 x 195.6 cm.
Si jamais mon corps venait à s’éteindre demain, av Si jamais mon corps venait à s’éteindre demain, avoir été, ne serait-ce qu’un instant, un rayon de soleil dans la vie d’autrui me suffirait.
Septembre cette année, je le vis pour la première Septembre cette année, je le vis pour la première fois. Parce que cette première fois est sans toi. J’ai arrêté d’écrire en avril 2024, quatre mois après ton diagnostic. Mes doigts refusaient de transcrire les émois de mon cœur: par peur de trahir le calme feint que je m’efforçais de garder en ta présence, pour ne pas fragiliser ton état; par pudeur, mes sentiments relevant de mon jardin intime. Même après ton départ vers un monde inconnu, du moins aux yeux de ma conscience limitée, simple être humain que je suis, tout me retenait de reprendre ma plume. C’est dans un effort délibéré que j’écris ces lignes aujourd’hui. Pour briser l’étau de silence qui se resserre autour de moi avant qu’il ne devienne irréversible. 
Je partage avec toi, avec vous, ces photos de fin d’été qui me rappellent ton envol. Elles incarnent le crépuscule d’un jour, ponctué d’instants d’une vie. Mais voir tant de splendeur et de chaleur dans une scène d’adieux, ou plutôt d’au-revoir, a quelque chose de déchirant. Alors je me contente d’écouter le bruit des vagues qui se brisent sur ces plages de sable et de galet qui font de mon Liban une beauté. La musique de leur déhanchement en pleine mer puis de leur écrasement contre le rivage m’apaise, tel un baume sur mon cœur meurtri. Je ferme les yeux et je t’imagine près de moi, sortant une anecdote insolite suivie d’une parole tendre. Et je souris.
“Un seul être vous manque et tout est dépeuplé” “Un seul être vous manque et tout est dépeuplé”
“Edmond”, l’incontournable pièce d’Alexis Michalik “Edmond”, l’incontournable pièce d’Alexis Michalik au théâtre du @thpalaisroyal . Couronnée de cinq Molières, elle relate la création du célèbre “Cyrano de Bergerac”. Quel bonheur de la regarder en compagnie de ma fille Yara!❤️
“Quand je n’ai plus d’honneur, l’honneur n’existe “Quand je n’ai plus d’honneur, l’honneur n’existe plus .”
Du roman en vers de Pouchkine, Eugène Onéguine, œuvre phare de la littérature russe du XIXe siècle, John Cranko a créé un ballet époustouflant, une merveille au Palais Garnier @balletoperadeparis où le talentueux @mathieuganioofficiel a fait ses adieux à la scène, sur scène. 

#ballet #oneguine #mathieuganio

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