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Tu peux tuer toutes les hirondelles

14.03.20 | L’InstaPlume de Fida | No Comments

'Cornelia at her window'. Source: painting with words
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« Tu peux tuer toutes les hirondelles, tu n’empêcheras pas le printemps de revenir » 

A l’heure où le Covid-19 s’infiltre dans nos sociétés, dangereux et sournois, chacun s’enferme chez soi pour protéger sa petite famille ainsi que sa société. Pourtant, face à cette pandémie, ennemi commun, transfrontalier, qui sème tant l’effroi que l’égalité (en ne distinguant ni race, ni nationalité, ni statut financier, ni classe sociale), il existe une arme incomparable spécifique à la société libanaise: la solidarité. Et tant que le monde entier n’a encore trouvé ni remède ni vaccin pour combattre cette machine virulente quoique microscopique, la seule panacée demeure l’immunité du corps humain. 

Toutes les recherches scientifiques et médicales ont prouvé au fil de l’histoire que l’immunité repose avant tout sur le moral. Si les superpuissances mondiales possèdent les fonds et les capacités médicales et humaines pour mieux faire face aux conséquences, parfois létales, de cette pandémie, le peuple libanais doit puiser sa force dans les valeurs qui le distinguent et qui ont toujours fait sa force, à savoir la compassion, l’entraide et l’espoir, envers et contre tout. Tels sont les ingrédients de l’immunité. De l’humanité. 

Nous vivons au sein d’une petite société où tout le monde se connait, au sein d’une grande famille. Contrairement aux communautés occidentales qui prônent « le chacun pour soi », la plupart des nos seniors vivent avec nous, dans nos demeures. Ils sont entourés, encadrés et aimés. Si un prochain est dans le besoin, souffre d’une maladie ou est confronté à des obstacles, il trouve toujours quelqu’un disposé à lui prêter main-forte ou à se sacrifier pour lui. Notre population a vécu les atrocités de la guerre, les affres du deuil, l’ennui dans les abris, la peur sur les chemins. Elle a fait face aux pires dangers, mais a tenu bon. C’est une population résiliente, qui respire la vie, qui danse dès que les canons se taisent, qui fait des parties de carte ou de scrabble à la lueur des bougies, qui parvient à répandre l’humour quand le désespoir s’empare des cœurs. D’aucuns diraient que c’est la politique de l’autruche et du déni. Sans doute. Je dirais plutôt que c’est la politique de la survie.

Pour survivre, il suffit de savoir que nous sommes et serons l’un pour l’autre, bien que chacun chez soi. Oui, ce virus fauchera des vies. Oui, il causera des pertes à tous les niveaux. Mais la vie continuera. Certes, au prix de sacrifices et d’efforts de la part de tous, sans exception aucune. Soyons vigilants sans pour autant être défaitistes. Faisons de ce confinement forcé une occasion pour nous retrouver après que l’ère digitale nous a disséminés, pour refaire le point sur nos vies, pour retrouver nos passions, repenser à la famille, à l’amour, à l’amitié, et pour revaloriser le prix inestimable du moment présent: carpe diem.
Et pour comprendre enfin qu’en dépit de tous les malheurs qui n’ont pas cessé de pleuvoir sur nos têtes, nous avons la chance d’être une société solidaire, de vivre parmi nos bien-aimés, dans la chaleur réconfortante de nos parents et grands-parents, auprès de nos amis et nos voisins. Telle est notre immunité. Telle est notre arme. F.K.

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J’ai trouvé dans mon armoire cette photo de ma tan J’ai trouvé dans mon armoire cette photo de ma tante Alice, qui n’est plus de ce monde. Je réalise à quel point cette photo lui rend justice. Son sourire, son visage reflètent son innocence, sa candeur et son affection. Elle était le symbole même de la bonté. Elle avait la larme facile, le coeur sur la main et trouvait toujours des excuses aux autres, quels que soient leurs défauts. Ce post n’est pas seulement un hommage à cet ange qui repose désormais dans l’au-delà, mais il est surtout un hommage à tout ce qui est stigmatisé de nos jours: la transparence, la gentillesse, la générosité émotionnelle, l’expression de l’amour. 
Tout est éphémère: le pouvoir, l’argent, les apparences, la santé, tout simplement parce que nous sommes humains. Ce qui transcende notre mortalité et donne un sens à la vie, c’est précisément notre humanité dans toute sa vulnérabilité. 

#hommage #amour #humanité
“Quel est le parasite le plus résistant : une bact “Quel est le parasite le plus résistant : une bactérie, un virus, un ver intestinal ? … Une idée.”
Citation tirée du film Inception. Ce film m’avait profondément marquée, bouleversant ma perception du monde réel et imaginaire, des rêves et de la manière dont notre cerveau (conscient, inconscient et subconscient) fonctionne face aux émotions, aux souvenirs, à la réalité…

Photos prises à l’intérieur de l’immeuble Union, à Sanayeh, Beyrouth, dans le cadre de l’exposition We Design Beirut @wedesignbeirut 
Scénario d’éclairage par @smartervolts
J’ai rencontré Mira S. à l’hôpital. Nous étions J’ai rencontré Mira S. à l’hôpital. 

Nous étions toutes deux adossées au mur du service d’oncologie, les épaules affaissées, l’esprit ailleurs. Nos regards fatigués se sont croisés, esquivés, puis retrouvés. Des regards furtifs, chacune craignant que les terreurs enfouies dans ses pupilles ne soient dévoilées.

Je lui ai adressé un sourire timide.

– « Un cappuccino ? » a-t-elle proposé. « Je vais à la cafet. »

Aussitôt dit, aussitôt fait. Un quart d’heure plus tard, elle longeait le couloir interminable, aux couleurs sarcastiques du printemps, deux cappuccinos nichés dans une petite boîte en carton.

Mira avait de longs cheveux châtains ondulés, des yeux noisette emplis de tristesse et un sourire franc. Ingénieure installée à Paris, elle était rentrée au Liban pour être auprès de son père malade. Son mari et son fils d’à peine un an étaient restés en France. Depuis un mois, sa mère, ses deux sœurs et elle se relayaient au chevet de son père.

Une semaine durant, Mira et moi avons partagé une pause-café quotidienne dans ce couloir jaune et vert, dans cette antichambre glaciale de la mort qui guettait nos pères. Nos conversations mêlaient souvenirs d’enfance, traitements antidouleur, soins palliatifs, éloges de nos deux héros à peine conscients, peurs refoulées, sentiments de culpabilité et d’impuissance. (…)

La suite du texte sur mon blog (lien en bio).

Photo: toile d’Huguette Caland, Soleil Rouge (Red Sun), 1964, huile sur toile de lin, 129.5 x 195.6 cm.
Si jamais mon corps venait à s’éteindre demain, av Si jamais mon corps venait à s’éteindre demain, avoir été, ne serait-ce qu’un instant, un rayon de soleil dans la vie d’autrui me suffirait.
Septembre cette année, je le vis pour la première Septembre cette année, je le vis pour la première fois. Parce que cette première fois est sans toi. J’ai arrêté d’écrire en avril 2024, quatre mois après ton diagnostic. Mes doigts refusaient de transcrire les émois de mon cœur: par peur de trahir le calme feint que je m’efforçais de garder en ta présence, pour ne pas fragiliser ton état; par pudeur, mes sentiments relevant de mon jardin intime. Même après ton départ vers un monde inconnu, du moins aux yeux de ma conscience limitée, simple être humain que je suis, tout me retenait de reprendre ma plume. C’est dans un effort délibéré que j’écris ces lignes aujourd’hui. Pour briser l’étau de silence qui se resserre autour de moi avant qu’il ne devienne irréversible. 
Je partage avec toi, avec vous, ces photos de fin d’été qui me rappellent ton envol. Elles incarnent le crépuscule d’un jour, ponctué d’instants d’une vie. Mais voir tant de splendeur et de chaleur dans une scène d’adieux, ou plutôt d’au-revoir, a quelque chose de déchirant. Alors je me contente d’écouter le bruit des vagues qui se brisent sur ces plages de sable et de galet qui font de mon Liban une beauté. La musique de leur déhanchement en pleine mer puis de leur écrasement contre le rivage m’apaise, tel un baume sur mon cœur meurtri. Je ferme les yeux et je t’imagine près de moi, sortant une anecdote insolite suivie d’une parole tendre. Et je souris.
“Un seul être vous manque et tout est dépeuplé” “Un seul être vous manque et tout est dépeuplé”
“Edmond”, l’incontournable pièce d’Alexis Michalik “Edmond”, l’incontournable pièce d’Alexis Michalik au théâtre du @thpalaisroyal . Couronnée de cinq Molières, elle relate la création du célèbre “Cyrano de Bergerac”. Quel bonheur de la regarder en compagnie de ma fille Yara!❤️
“Quand je n’ai plus d’honneur, l’honneur n’existe “Quand je n’ai plus d’honneur, l’honneur n’existe plus .”
Du roman en vers de Pouchkine, Eugène Onéguine, œuvre phare de la littérature russe du XIXe siècle, John Cranko a créé un ballet époustouflant, une merveille au Palais Garnier @balletoperadeparis où le talentueux @mathieuganioofficiel a fait ses adieux à la scène, sur scène. 

#ballet #oneguine #mathieuganio

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