• Passer à la navigation principale
  • Passer au contenu principal
  • Passer à la barre latérale principale
  • Passer au pied de page
  • Secondary Navigation Social Media Icons

    • Adresse mail
    • Facebook
    • Instagram
L’InstaPlume de Fida

L’InstaPlume de Fida

Chroniqueuse ・ Écrivaine

  • À Propos
  • Contact
  • Les Écrits
    • Articles
    • Réflexions
    • Ouvrages
    • Manuscrits
Vous êtes ici : Accueil / Articles / Puisque tu pars

Puisque tu pars

27.08.21 | L’InstaPlume de Fida | No Comments

Getting your Trinity Audio player ready...
Dans L’Orient-Le Jour/OLJ par Fida Khalifé Absi, le 27 août 2021 à 00h00

Puisque tu pars. Ailleurs. Loin de ce pays. Loin de l’enfer quotidien. De l’humiliation. Emmène-moi avec toi. Enfouis-moi au fond de ta valise, recroquevillée comme une enfant apeurée dans l’obscurité. Cache-moi de la réalité intolérable dans ton bagage étroit. Je voudrais me réveiller dans un monde nouveau, vivre ma vie de femme, pas de survivante, profiter de mes droits, célébrer mon humanité. Je voudrais respirer la liberté, la dignité, la fierté. Je voudrais marcher dans la rue la tête haute, le sourire aux lèvres, les cheveux dans le vent. Le vent de l’espoir. De l’avenir. Emmène-moi loin des scènes quotidiennes de tiers-mondisme, de misère, de mort. De suicide collectif.

Toi mon compatriote qui as perdu espoir, toi qui offres ton talent, ton énergie et ton ambition à des États qui les méritent, qui te méritent, qui t’apprécieront, te protègeront, t’adopteront ; toi qui pars le cœur lourd, les larmes aux yeux, là où l’horizon sera ta maison, sache que ta patrie ne te reniera pas. Sache que grâce à toi, aux Libanaises et aux Libanais de l’étranger, le pays renaîtra de ses cendres, comme au lendemain de la double explosion du 4 août 2020, quand la générosité et les efforts sans précédent de la diaspora libanaise ont permis d’aider un nombre considérable de familles brisées et de reconstruire d’innombrables maisons et entreprises à Beyrouth. Vous êtes tous les soldats de l’ombre qui combattent sans merci les forces maléfiques qui assistent sans broncher à la chute du Liban. Oui, d’aucuns ont décidé d’abandonner notre pays, soit par intérêt, soit par impuissance. Et tant mieux ! Parce qu’il est grand temps que nous arrêtions cette dépendance ancestrale des autres, ce désir œdipien de maternage, cette quête mendiante de mandats étrangers.

Et si tu pars sans nous tous qui restons par choix ou par fatalité, otages de la corruption, de l’usurpation, du viol, un jour viendra où nous te suivrons. Ou pas. Parce que nous ne pouvons pas tous partir. Parce que comme dans toutes les épopées, il y a des combattants qui doivent résister. Pour la terre, au prix du sang. Parce que sans nous qui restons, l’avenir restera sans histoire, sans passé, et l’avenir n’aura pas lieu. Le Liban n’aura pas lieu. Et si nous nous trouvons forcés de focaliser notre attention et notre énergie sur des crises préfabriquées et des soucis pitoyables, qui auraient dû être des droits acquis, comme l’essence, l’électricité et l’eau, nous nous enlisons dans le cercle vicieux du désespoir, de l’inaction, de la léthargie. Nous perdons de vue la grande vision. À force de pleurer les détails, nous faisons le deuil de l’ensemble. Nous condamnons le changement à mort. Nous oublions que l’engrenage de la transformation a démarré. Nous oublions qu’un jour d’été, quand le soleil est chaud et que la brise souffle sur les champs, les graines de la colère vont semer.

Rien n’est définitif, sauf le changement. Il ne s’agit pas de positivité toxique ni d’espoir fictif. L’histoire des nations est faite de cycles. De défaites et de gloires. Mais l’histoire est surtout faite d’action, non de lamentation. Sur les champs de bataille comme dans les urnes.

Toi qui pars aujourd’hui ou demain, vous qui êtes partis hier ou avant-hier, parce que vous avez tout donné à la patrie et cela n’a pas suffi, vous qui déployez vos ailes au-delà de la Méditerranée, gardez l’œil sur vos racines. Sans vous, sans nous, le Liban sera sans racines, sans ailes. C’est ensemble, les manches relevées, les coudes serrés, que le changement, que l’espoir, que la justice seront imposés. F.K.

Photo: Les Émigrés, toile de Zafer Sleiman

Tweetez
Partagez
Partagez
Épingle
← Post Précédent
Ici, il est des cœurs
Post Suivant →
Certains

À propos L’InstaPlume de Fida

Barre latérale principale

𓂃🪶 Fida

Chroniqueuse et Écrivaine

Catégories

  • Articles
  • Manuscrits
  • Ouvrages
  • Réflexions
  • Textes

Archives

Étiquettes

Amchit amitié amour apocalypse art autobiographie beauté Beyrouth bleu carnage Covid-19 culture deuil enfant espoir expérience femme Ici Beyrouth international women's day journée internationale des femmes Kafka Liban libanaise liberté Lisbonne mort mère méditation namaste Norma Jeane nouvel an Noël OLJ paix papa réalité révolution rêves sang sculpture sentiments silence vivre écrire émigration
Une escapade en pleine nature, la semaine dernière Une escapade en pleine nature, la semaine dernière, en compagnie de ma mère, dans les prés et les vergers où mon père aimait se promener. Une rencontre avec l’automne et ses couleurs glorieuses; avec le silence brisé par les cris des oiseaux et le chant des cigales; avec la prière et l’espérance.

#nature #automne
Le benjamin de notre famille est féru d’art 😻 Le benjamin de notre famille est féru d’art 😻
Les jours d’été s’égrènent. Avant que l’automne ne Les jours d’été s’égrènent. Avant que l’automne ne fasse son entrée triomphale à coups de fanfare, drapé de sa cape fauve, nous nous sommes délectés des trésors offerts par mon pays.

De la beauté des paysages aux plaisirs de la table, nos sens ont humé, goûté, touché et caressé les délices levantins. Certes, les photos ne sauraient, à elles seules, exprimer les émotions ineffables du cœur, de l’âme et du corps, mais elles éternisent des moments de pure félicité partagés avec les gens que nous aimons et que nous avons la chance d’avoir dans nos vies.

Je trinque à leur santé, aux crépuscules époustouflants depuis les cimes de nos montagnes, aux couleurs flamboyantes de nos cités et à la douceur de  notre Méditerranée. 

#plaisirs #ete #beaute
Parce qu’il n’en existe qu’une de par le monde. C’ Parce qu’il n’en existe qu’une de par le monde. C’est un mélange unique de charme, de chaleur, de folie, de chaos. C’est une source de félicité et de rage en même temps. Chaude et froide, douce et rebelle, réconfortante et enrageante. Une boule géante de contradictions et d’oxymores. Seul son climat est tempéré. Et pourtant cet amalgame, aucune d’autre ne saurait l’incarner mieux qu’elle. Mesdames et messieurs, voici ma nation de lait et miel. De miel et de fiel 😉 🇱🇧 

#liban #été #patchwork
Beyrouth, ma ville adoptive, je t’aime telle que t Beyrouth, ma ville adoptive, je t’aime telle que tu es: belle, imparfaite, critiquée mais incontournable ❤️
Hier soir, j’ai vécu une expérience immersive inou Hier soir, j’ai vécu une expérience immersive inoubliable en assistant à la représentation des “Piliers de la société”, mise en scène par @lucien_bourjeily et produite par @farah_shaer .

Cette œuvre de théâtre, écrite par le dramaturge norvégien Henrik Ibsen en 1877, a pris vie sur le campus de l’Université  américaine de Beyrouth. Axée autour des thèmes du pouvoir, de la corruption et de l’hypocrisie sociale, elle révèle des réalités intemporelles qui continuent de sévir dans nos sociétés. À maintes reprises, les spectateurs ont éclaté de rire tant certaines scènes, bien qu’issues d’un autre siècle, semblaient dresser le portrait du Liban contemporain, tant sur le plan politique que social.

Mais en dépit des épreuves tous azimuts que traverse notre pays, la culture, le talent, l’art et la créativité continuent de triompher.

Hier soir, sur le campus de l’AUB, surplombant une Méditerranée baignée par la lumière argentée d’un croissant de lune, “Les Piliers de la société” ont soufflé une véritable brise d’espoir.
Beyrouth, mon amour, sous un ciel tout en flammes, Beyrouth, mon amour, sous un ciel tout en flammes,
Des marées de “je t’aime” suffiront-elles à te sauver
Des convoitises d’aucuns, voisins ou étrangers ?
Malgré les oliviers réduits en cendres, 
Tel un cèdre obstiné,
Ta beauté continuera de briller dans le firmament de nos âmes.

#beyrouth #amour #crepuscule
Derrière cette porte rouge se trouve mon mentor. O Derrière cette porte rouge se trouve mon mentor. Ou peut-être mon ange gardien, pour employer un registre plus spirituel. Bref, nos chemins se sont croisés, à une période charnière de ma vie. Coïncidence ? Providence ? Tout dépend de la vision que l’on se forge de la vie, du monde, de la foi aussi, de ce en quoi, ou en qui, l’on croit.
Si j’évoque mon mentor, c’est parce que, derrière cette porte rouge, j’ai appris l’importance de l’expression « si seulement ». J’ai compris qu’au crépuscule de la vie, avant que la mort ne finisse par entrer, sans s’annoncer, sans même avoir besoin d’enfoncer la porte, s’imposant royalement, telle une souveraine, « si seulement » devient l’ultime regret d’une âme encore vivante. 
Aujourd’hui, cette expression ne cessait de tourner dans ma tête, comme un disque rayé. 
Si seulement cette amie faisait encore partie de ma vie, quelles aventures aurions-nous vécues ensemble ? Si seulement mon père était toujours vivant, quels conseils m’auraient-ils prodigués ? Si seulement j’avais accepté ce poste à Bruxelles, quelles expériences aurai-je traversées ? Si seulement je n’avais pas décliné l’appel téléphonique d’une personne qui m’avait blessée, aurions-nous pu enterrer la hache de guerre ?
Jamais mes interrogations n’avaient commencé par: « Si seulement je n’avais PAS… »
« Il vaut mieux avoir des remords que des regrets », dit-on. Comme c’est vrai…. Et pourtant, en parlant de destinée, la somme de ces chemins empruntés ou évités n’aurait-elle pas, en définitive, conduit au même point ? 
Mon mentor m’avait conseillé de regarder le film Le Tourbillon de la vie (2022). Ce film raconte l’histoire d’une femme dont la vie est relatée à travers différentes trajectoires possibles, en fonction des choix qu’elle aurait pu faire. Il montre comment de petites décisions peuvent transformer toute une existence, mais suggère que ce qui compte, ce sont les émotions et les liens qui persistent, imperturbables, au-delà des choix effectués, au-delà des chemins empruntés. 

#choix #réflexiondujour #tourbillondelavie

Footer

Contactez Fida

Si vous avez la moindre question, n'hésitez pas à m'écrire à info@linstaplumedefida.com

Message

Liens

  • Adresse mail
  • Facebook
  • Instagram

Newsletter

Inscrivez-vous à la newsletter pour obtenir les mises à jour

L’instaPlume De Fida © 2026. Tous droits réservés.

Isla Theme by Code + Coconut