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« She for she »

08.03.21 | L’InstaPlume de Fida | No Comments

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Elle est une femme, bel et bien femme, de la chevelure farouchement relâchée jusqu’au bout des ongles parfaitement manucurés, perchée confortablement sur des talons-aiguilles, ajustant avec nonchalance ses boucles d’oreilles ethniques. En jupe-crayon, la taille finement marquée, la bouche passée et repassée au rouge vermeille, elle avance en toute féminité, la nuque droite, le port altier.

Son regard brille de mille feux. Il reflète l’ardeur des projets minutieusement échafaudés, l’excitation qui précède l’exécution. Elle a hâte de sortir des sentiers battus, d’entrer en salle de conférence pour présenter fièrement son initiative au « board » à la majorité masculine, de lancer son innovation sur le marché, de réussir son pari haut la main ou, peut-etre d’accuser un revers dévastateur. Puis de se relever. Encore et encore. Aussi escarpée la pente soit-elle.

Des femmes qui lui ressemblent, elle en rencontre souvent, tant dans le monde de la finance que celui de la médecine, de la politique ou des affaires. Elle les admire. Elle les applaudit. Elle s’inspire de leur combat, de leur ingéniosité, de leur détermination. Toujours est-il qu’elle se demande souvent si ces sentiments sont réciproques, si toutes les femmes sont vraiment solidaires. Dans un univers placé sous le signe de la virilité, elle avait depuis longtemps retroussé les manches pour faire front aux attaques, aux intimidations sexistes, pour se frayer un chemin dans la cour des hommes et laisser sa marque. Si elle avait appris l’art de s’infiltrer dans un engrenage machiste, au sein d’une société orientale qui a adopté le féminisme sur le tard, elle avait aussi réalisé à quel point il était difficile de gagner la solidarité de ses consœurs.

Certes, les mentalités évoluaient. Toutefois, à l’heure où le nombre des hommes qui embrassaient désormais –d’aucuns farouchement convaincus, d’autres avec résignation- la cause du « women empowerment » et du «he for she » allait cresendo, les flèches les plus acidulées, les remarques les plus acerbes, étaient, encore hélas, douloureusement lancées par des femmes. De « trop sérieuse et forte, frisant la masculinité », à « trop maquillée, tirée à quatre épingles », en passant par « tantôt conservatrice tantôt libérale », les critiques fusaient tous azimuts, rivalisant de cruauté et de créativité. D’aucunes ne pouvaient s’empêcher de mâcher leurs mots, attaquant à toute volée toute femme –qu’elle soit active ou au foyer- qui donnait vaguement l’air de se diriger vers le succès, tant professionnel que personnel.

A l’ère de la révolution dont les femmes sont les chefs de file par excellence, à l’ère de la revendication de l’égalité femmes-hommes, elle ne pouvait s’empêcher de penser que la bataille ne saurait être remportée que si elles se serraient toutes les coudes, toutes appartenances confondues, sans exception aucune.

Elle est faite de rêves et d’espoirs. Ce n’est pas seulement la voie qu’elle a choisie et creusée de ses propres mains qui forgeait son identité, mais le monde intérieur qui l’habitait, à l’instar de toute femme, dans sa diversité complexe, et sous ses formes plurielles. Son destin était de résister aux embûches de la vie, de larguer les amarres, telle une figure de proue si majestueuse dans son obstination, de ne jamais s’incliner devant les tentatives visant à la déstabiliser. Une femme qui s’accroche à la beauté de la vie, à la liberté, à la chance de rire, de voler encore plus loin, encore plus haut, de se surpasser, de briser les limites du conventionnel. Du commun. De croire à l’invisible. F.K.

Photo: Œuvre de ma sœur Rajaa Paixão

Rajaa Paixão, cachalot aiguille, 2020, digital painting Giclée print on archival paper, 29.7 x 21 cm, from the Still Sea series, edition of 5

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Une escapade en pleine nature, la semaine dernière Une escapade en pleine nature, la semaine dernière, en compagnie de ma mère, dans les prés et les vergers où mon père aimait se promener. Une rencontre avec l’automne et ses couleurs glorieuses; avec le silence brisé par les cris des oiseaux et le chant des cigales; avec la prière et l’espérance.

#nature #automne
Le benjamin de notre famille est féru d’art 😻 Le benjamin de notre famille est féru d’art 😻
Les jours d’été s’égrènent. Avant que l’automne ne Les jours d’été s’égrènent. Avant que l’automne ne fasse son entrée triomphale à coups de fanfare, drapé de sa cape fauve, nous nous sommes délectés des trésors offerts par mon pays.

De la beauté des paysages aux plaisirs de la table, nos sens ont humé, goûté, touché et caressé les délices levantins. Certes, les photos ne sauraient, à elles seules, exprimer les émotions ineffables du cœur, de l’âme et du corps, mais elles éternisent des moments de pure félicité partagés avec les gens que nous aimons et que nous avons la chance d’avoir dans nos vies.

Je trinque à leur santé, aux crépuscules époustouflants depuis les cimes de nos montagnes, aux couleurs flamboyantes de nos cités et à la douceur de  notre Méditerranée. 

#plaisirs #ete #beaute
Parce qu’il n’en existe qu’une de par le monde. C’ Parce qu’il n’en existe qu’une de par le monde. C’est un mélange unique de charme, de chaleur, de folie, de chaos. C’est une source de félicité et de rage en même temps. Chaude et froide, douce et rebelle, réconfortante et enrageante. Une boule géante de contradictions et d’oxymores. Seul son climat est tempéré. Et pourtant cet amalgame, aucune d’autre ne saurait l’incarner mieux qu’elle. Mesdames et messieurs, voici ma nation de lait et miel. De miel et de fiel 😉 🇱🇧 

#liban #été #patchwork
Beyrouth, ma ville adoptive, je t’aime telle que t Beyrouth, ma ville adoptive, je t’aime telle que tu es: belle, imparfaite, critiquée mais incontournable ❤️
Hier soir, j’ai vécu une expérience immersive inou Hier soir, j’ai vécu une expérience immersive inoubliable en assistant à la représentation des “Piliers de la société”, mise en scène par @lucien_bourjeily et produite par @farah_shaer .

Cette œuvre de théâtre, écrite par le dramaturge norvégien Henrik Ibsen en 1877, a pris vie sur le campus de l’Université  américaine de Beyrouth. Axée autour des thèmes du pouvoir, de la corruption et de l’hypocrisie sociale, elle révèle des réalités intemporelles qui continuent de sévir dans nos sociétés. À maintes reprises, les spectateurs ont éclaté de rire tant certaines scènes, bien qu’issues d’un autre siècle, semblaient dresser le portrait du Liban contemporain, tant sur le plan politique que social.

Mais en dépit des épreuves tous azimuts que traverse notre pays, la culture, le talent, l’art et la créativité continuent de triompher.

Hier soir, sur le campus de l’AUB, surplombant une Méditerranée baignée par la lumière argentée d’un croissant de lune, “Les Piliers de la société” ont soufflé une véritable brise d’espoir.
Beyrouth, mon amour, sous un ciel tout en flammes, Beyrouth, mon amour, sous un ciel tout en flammes,
Des marées de “je t’aime” suffiront-elles à te sauver
Des convoitises d’aucuns, voisins ou étrangers ?
Malgré les oliviers réduits en cendres, 
Tel un cèdre obstiné,
Ta beauté continuera de briller dans le firmament de nos âmes.

#beyrouth #amour #crepuscule
Derrière cette porte rouge se trouve mon mentor. O Derrière cette porte rouge se trouve mon mentor. Ou peut-être mon ange gardien, pour employer un registre plus spirituel. Bref, nos chemins se sont croisés, à une période charnière de ma vie. Coïncidence ? Providence ? Tout dépend de la vision que l’on se forge de la vie, du monde, de la foi aussi, de ce en quoi, ou en qui, l’on croit.
Si j’évoque mon mentor, c’est parce que, derrière cette porte rouge, j’ai appris l’importance de l’expression « si seulement ». J’ai compris qu’au crépuscule de la vie, avant que la mort ne finisse par entrer, sans s’annoncer, sans même avoir besoin d’enfoncer la porte, s’imposant royalement, telle une souveraine, « si seulement » devient l’ultime regret d’une âme encore vivante. 
Aujourd’hui, cette expression ne cessait de tourner dans ma tête, comme un disque rayé. 
Si seulement cette amie faisait encore partie de ma vie, quelles aventures aurions-nous vécues ensemble ? Si seulement mon père était toujours vivant, quels conseils m’auraient-ils prodigués ? Si seulement j’avais accepté ce poste à Bruxelles, quelles expériences aurai-je traversées ? Si seulement je n’avais pas décliné l’appel téléphonique d’une personne qui m’avait blessée, aurions-nous pu enterrer la hache de guerre ?
Jamais mes interrogations n’avaient commencé par: « Si seulement je n’avais PAS… »
« Il vaut mieux avoir des remords que des regrets », dit-on. Comme c’est vrai…. Et pourtant, en parlant de destinée, la somme de ces chemins empruntés ou évités n’aurait-elle pas, en définitive, conduit au même point ? 
Mon mentor m’avait conseillé de regarder le film Le Tourbillon de la vie (2022). Ce film raconte l’histoire d’une femme dont la vie est relatée à travers différentes trajectoires possibles, en fonction des choix qu’elle aurait pu faire. Il montre comment de petites décisions peuvent transformer toute une existence, mais suggère que ce qui compte, ce sont les émotions et les liens qui persistent, imperturbables, au-delà des choix effectués, au-delà des chemins empruntés. 

#choix #réflexiondujour #tourbillondelavie

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