• Passer à la navigation principale
  • Passer au contenu principal
  • Passer à la barre latérale principale
  • Passer au pied de page
  • Secondary Navigation Social Media Icons

    • Adresse mail
    • Facebook
    • Instagram
L’InstaPlume de Fida

L’InstaPlume de Fida

Chroniqueuse ・ Écrivaine

  • À Propos
  • Contact
  • Les Écrits
    • Articles
    • Réflexions
    • Ouvrages
    • Manuscrits
Vous êtes ici : Accueil / Articles / Escapade beyrouthine, entre rêve et matin

Escapade beyrouthine, entre rêve et matin

30.08.22 | L’InstaPlume de Fida | No Comments

Getting your Trinity Audio player ready...
Dans Ici Beyrouth par Fida Khalifé, le 30 août 2022 à 14:33

J’ai marché dans les rues de Beyrouth dès que l’aube a pointé du nez, avant que la chaleur ne colle ma petite robe fleurie contre ma peau. J’ai prétendu ne pas voir les déchets qui jonchaient les trottoirs gris, ou la couche de pollution jaunâtre qui couvrait le ciel au-dessus du port en ruine. Je ne voulais pas voir la négativité, je voulais jouer au déni dans mon escapade beyrouthine. D’ailleurs, je maîtrisais bien le jeu du déni, comme la plupart des Libanais qui voulaient survivre.

Ce matin-là précisément, j’étais d’humeur légère. Je saluais les promeneurs matinaux d’un sourire espiègle. Les voitures étaient rares si tôt de la journée. Quelques oiseaux chantaient dans les arbres clairsemés à Gemmayzeh. Furn Ghattas n’avait pas encore ouvert sa porte qui donnait sur la rue Gouraud, et les effluves de ses fameux fatayers, ses chaussons farcis d’épinards, ne s’étaient pas encore mêlés au parfum des jasmins qui décoraient les arcades des maisons traditionnelles. Un vieux couple sirotait son café turc en silence sur le balcon fraîchement repeint en couleurs pastel. Cela faisait un certain temps déjà que le marchand de journaux avait disparu de la rue Pasteur.

Les escaliers de Saint-Nicolas étaient curieusement nettoyés, faisant ressortir les couleurs des graffitis fanés par le soleil. J’en ai grimpé les marches lentement. La lumière timide du petit matin se mêlait au reflet rose des bougainvilliers, ravivant les souvenirs de mon récent voyage en Grèce. J’ai eu chaud au cœur. Le soleil était implacable à Athènes, mais la vie était si légère dans les rues pavées, bordées de bougainvilliers. J’ai fermé les yeux et j’ai ressenti le voilier tanguer sur la mer Égée parsemée d’îles grouillant de touristes. Là-bas, entre les bâtisses blanches aux toits turquoise et les plages propices au farniente, la vie était si simple. Là-bas, la vie était synonyme de douceur, de chaleur. Là-bas, les instincts de survie étaient débranchés. On ne sursautait pas à la détonation d’un bruit sourd ni au son d’un verre brisé. On ne s’inquiétait pas à l’idée de monter cinq étages à pied en cas de coupure de courant ni à une pénurie de pénicilline en cas de fièvre.

Et pourtant, ne s’agissait-il pas du même soleil le temps d’un été, et des mêmes reliefs méditerranéens? Les plages de galets blancs et de sable doré, les ruelles étroites et les demeures en pierre, les mimosas et les bougainvilliers, la cuisine à l’huile d’olive vierge et aux mezzés inspirés? Alors pourquoi? Pourquoi mon pays n’a-t-il pas le droit de se relever de son marasme économique et financier et d’afficher sa beauté et sa particularité? Pourquoi est-il condamné à rester, de génération en génération, une arène privilégiée pour les guerres des autres et les conflits fratricides? Pourquoi doit-il payer le prix de la corruption de la classe dirigeante et des citoyens aussi, des intérêts personnels et confessionnels, du népotisme, du clientélisme, de la négligence volontaire et de l’impunité? Pourquoi les mères sont-elles condamnées à pleurer le départ de leurs enfants vers des horizons lointains et des avenirs meilleurs? Pourquoi les universités doivent-elles perdre leurs professeurs les plus émérites et les hôpitaux se voir voler leurs chirurgiens les plus brillants? Pourquoi le cœur du Cèdre doit-il être tiraillé entre ses racines ancestrales et ses branches qui portent l’élan des oiseaux migrateurs?

J’ai repris ma marche dans les rues de Beyrouth, l’esprit en dilemme, le cœur plein d’émotions ambivalentes. N’est-ce pas l’état d’âme d’une Libanaise typique? La capitale se réveillait brutalement comme chaque matin. Et dans ma tête je reprenais les vers de Nadia Tuéni: «  Mon pays que l’on perd un jour sur le chemin. Mon pays qui se casse comme un morceau de vague.  Mon pays où l’été est un hiver certain. Mon pays qui voyage entre rêve et matin.  »

Photo: toile de Magda Chaaban, هنا بيروت, acrylic on canvas, 67 x 95 cm

Tweetez
Partagez
Partagez
Épingle
← Post Précédent
Le soleil se couche tard à Lisbonne
Post Suivant →
De l’adrénaline sous un ciel bleu nuit

À propos L’InstaPlume de Fida

Barre latérale principale

𓂃🪶 Fida

Chroniqueuse et Écrivaine

Catégories

  • Articles
  • Manuscrits
  • Ouvrages
  • Réflexions
  • Textes

Archives

Étiquettes

Ajaltoun Amchit amitié amour apocalypse art autobiographie Beyrouth bleu carnage Covid-19 culture deuil enfant espoir femme Ici Beyrouth international women's day journée internationale des femmes Kafka Liban libanaise liberté Lisbonne mort mère méditation namaste Norma Jeane nouvel an Noël OLJ paix papa quotidien réalité révolution rêves sang sculpture sentiments silence vivre écrire émigration
J’ai trouvé dans mon armoire cette photo de ma tan J’ai trouvé dans mon armoire cette photo de ma tante Alice, qui n’est plus de ce monde. Je réalise à quel point cette photo lui rend justice. Son sourire, son visage reflètent son innocence, sa candeur et son affection. Elle était le symbole même de la bonté. Elle avait la larme facile, le coeur sur la main et trouvait toujours des excuses aux autres, quels que soient leurs défauts. Ce post n’est pas seulement un hommage à cet ange qui repose désormais dans l’au-delà, mais il est surtout un hommage à tout ce qui est stigmatisé de nos jours: la transparence, la gentillesse, la générosité émotionnelle, l’expression de l’amour. 
Tout est éphémère: le pouvoir, l’argent, les apparences, la santé, tout simplement parce que nous sommes humains. Ce qui transcende notre mortalité et donne un sens à la vie, c’est précisément notre humanité dans toute sa vulnérabilité. 

#hommage #amour #humanité
“Quel est le parasite le plus résistant : une bact “Quel est le parasite le plus résistant : une bactérie, un virus, un ver intestinal ? … Une idée.”
Citation tirée du film Inception. Ce film m’avait profondément marquée, bouleversant ma perception du monde réel et imaginaire, des rêves et de la manière dont notre cerveau (conscient, inconscient et subconscient) fonctionne face aux émotions, aux souvenirs, à la réalité…

Photos prises à l’intérieur de l’immeuble Union, à Sanayeh, Beyrouth, dans le cadre de l’exposition We Design Beirut @wedesignbeirut 
Scénario d’éclairage par @smartervolts
J’ai rencontré Mira S. à l’hôpital. Nous étions J’ai rencontré Mira S. à l’hôpital. 

Nous étions toutes deux adossées au mur du service d’oncologie, les épaules affaissées, l’esprit ailleurs. Nos regards fatigués se sont croisés, esquivés, puis retrouvés. Des regards furtifs, chacune craignant que les terreurs enfouies dans ses pupilles ne soient dévoilées.

Je lui ai adressé un sourire timide.

– « Un cappuccino ? » a-t-elle proposé. « Je vais à la cafet. »

Aussitôt dit, aussitôt fait. Un quart d’heure plus tard, elle longeait le couloir interminable, aux couleurs sarcastiques du printemps, deux cappuccinos nichés dans une petite boîte en carton.

Mira avait de longs cheveux châtains ondulés, des yeux noisette emplis de tristesse et un sourire franc. Ingénieure installée à Paris, elle était rentrée au Liban pour être auprès de son père malade. Son mari et son fils d’à peine un an étaient restés en France. Depuis un mois, sa mère, ses deux sœurs et elle se relayaient au chevet de son père.

Une semaine durant, Mira et moi avons partagé une pause-café quotidienne dans ce couloir jaune et vert, dans cette antichambre glaciale de la mort qui guettait nos pères. Nos conversations mêlaient souvenirs d’enfance, traitements antidouleur, soins palliatifs, éloges de nos deux héros à peine conscients, peurs refoulées, sentiments de culpabilité et d’impuissance. (…)

La suite du texte sur mon blog (lien en bio).

Photo: toile d’Huguette Caland, Soleil Rouge (Red Sun), 1964, huile sur toile de lin, 129.5 x 195.6 cm.
Si jamais mon corps venait à s’éteindre demain, av Si jamais mon corps venait à s’éteindre demain, avoir été, ne serait-ce qu’un instant, un rayon de soleil dans la vie d’autrui me suffirait.
Septembre cette année, je le vis pour la première Septembre cette année, je le vis pour la première fois. Parce que cette première fois est sans toi. J’ai arrêté d’écrire en avril 2024, quatre mois après ton diagnostic. Mes doigts refusaient de transcrire les émois de mon cœur: par peur de trahir le calme feint que je m’efforçais de garder en ta présence, pour ne pas fragiliser ton état; par pudeur, mes sentiments relevant de mon jardin intime. Même après ton départ vers un monde inconnu, du moins aux yeux de ma conscience limitée, simple être humain que je suis, tout me retenait de reprendre ma plume. C’est dans un effort délibéré que j’écris ces lignes aujourd’hui. Pour briser l’étau de silence qui se resserre autour de moi avant qu’il ne devienne irréversible. 
Je partage avec toi, avec vous, ces photos de fin d’été qui me rappellent ton envol. Elles incarnent le crépuscule d’un jour, ponctué d’instants d’une vie. Mais voir tant de splendeur et de chaleur dans une scène d’adieux, ou plutôt d’au-revoir, a quelque chose de déchirant. Alors je me contente d’écouter le bruit des vagues qui se brisent sur ces plages de sable et de galet qui font de mon Liban une beauté. La musique de leur déhanchement en pleine mer puis de leur écrasement contre le rivage m’apaise, tel un baume sur mon cœur meurtri. Je ferme les yeux et je t’imagine près de moi, sortant une anecdote insolite suivie d’une parole tendre. Et je souris.
“Un seul être vous manque et tout est dépeuplé” “Un seul être vous manque et tout est dépeuplé”
“Edmond”, l’incontournable pièce d’Alexis Michalik “Edmond”, l’incontournable pièce d’Alexis Michalik au théâtre du @thpalaisroyal . Couronnée de cinq Molières, elle relate la création du célèbre “Cyrano de Bergerac”. Quel bonheur de la regarder en compagnie de ma fille Yara!❤️
“Quand je n’ai plus d’honneur, l’honneur n’existe “Quand je n’ai plus d’honneur, l’honneur n’existe plus .”
Du roman en vers de Pouchkine, Eugène Onéguine, œuvre phare de la littérature russe du XIXe siècle, John Cranko a créé un ballet époustouflant, une merveille au Palais Garnier @balletoperadeparis où le talentueux @mathieuganioofficiel a fait ses adieux à la scène, sur scène. 

#ballet #oneguine #mathieuganio

Footer

Contactez Fida

Si vous avez la moindre question, n'hésitez pas à m'écrire à info@linstaplumedefida.com

Message

Liens

  • Adresse mail
  • Facebook
  • Instagram

Newsletter

Inscrivez-vous à la newsletter pour obtenir les mises à jour

L’instaPlume De Fida © 2026. Tous droits réservés.

Isla Theme by Code + Coconut