• Passer à la navigation principale
  • Passer au contenu principal
  • Passer à la barre latérale principale
  • Passer au pied de page
  • Secondary Navigation Social Media Icons

    • Adresse mail
    • Facebook
    • Instagram
L’InstaPlume de Fida

L’InstaPlume de Fida

Chroniqueuse ・ Écrivaine

  • À Propos
  • Contact
  • Les Écrits
    • Articles
    • Réflexions
    • Ouvrages
    • Manuscrits
Vous êtes ici : Accueil / Articles / Le soleil se couche tard à Lisbonne

Le soleil se couche tard à Lisbonne

01.08.22 | L’InstaPlume de Fida | No Comments

Getting your Trinity Audio player ready...
Dans Ici Beyrouth par Fida Khalifé, le 1 août 2022 à 10:30

Carnet de voyage

Le soleil se couche tard à Lisbonne. Tant mieux, car je n’aime pas l’obscurité de la nuit. Il est chaud, ce soleil de juillet et ses rayons réchauffent ma peau. Ils s’infiltrent en moi. Je ferme les yeux pour ressentir pleinement la chaleur m’envelopper et parcourir la totalité de mon corps. J’erre dans les ruelles pavées, en suivant du regard les tramways jaunes à destination des sept collines. Je me concentre sur le rythme de mes pas qui montent vers les hauteurs de la ville. Je m’exerce à faire le vide dans ma tête, à avancer tout droit en annihilant toute pensée. Être présente… Ce n’est pas si facile. Le cerveau lutte contre cette tentative de neutralisation. Je me répète ces questions comme exercice mental: es-tu présente? Quelle serait ta prochaine pensée?

Les couleurs pastel des bâtiments semblent plus vives. Elles rivalisent avec celles des toiles impressionnistes. Dans les cafés, les touristes écoutent le fado mélancolique en dégustant des « pastéis de nata », ces petits flans portugais typiques. Arrivée au sommet, je contemple l’immensité bleue de la mer et les mouettes qui voltigent au-dessus des vagues. Je me sens tellement légère que j’éclate de rire. Je me sens libre. Détachée. Ancrée dans l’instant même. Je défais les cordes du passé. Je mets en sourdine les rêvasseries de l’avenir. Chaque cellule dans mon corps est en alerte. Je suis en vie, pleine de cette vie qui coule dans mes veines comme du sang chaud, rouge vif. Les aléas des circonstances extérieures n’arrivent pas à transpercer ma paix, du moins durant ces quelques moments de présence. Je descends les marches des escaliers étroits en sautillant et je glisse sur les rampes telle une enfant. Mon grand chapeau de paille échoue sur le sol. Un touriste le ramasse gracieusement et me le remet avec un large sourire. J’avais oublié cette sensation de douceur de vivre. Je vis dans un pays où la difficulté quotidienne me culpabilise si je me laisse aller, si j’éteins le mode alerte, si je permets à l’enfant en moi de rayonner, de s’amuser, de vivre à fond les moments les plus simples. « La lumière est trop douloureuse pour quiconque veut rester dans l’obscurité. » Mais moi j’aime le soleil.

…

Sur les dunes de sable blanc de la plage de Guincho, les vents du nord emportent les adeptes du surf sur les vagues violentes de l’Atlantique. Je me réveille dès l’aube pour courir en direction de la plage surmontée par les montagnes de Sintra qui se profilent au loin. L’aspect sauvage de la nature m’attire. C’est un endroit isolé et quasi désert à cette heure matinale. Je dépasse le port de Cascais et Boca do Inferno, la Bouche de l’Enfer, les yeux rivés vers la destination ultime. La fatigue commence à alourdir ma cadence, mais je continue de courir quand même. Une force, une attraction, un champ magnétique invisible me poussent vers la plage de sable fin. Les petites dunes dorées luisent au soleil. De rares surfeurs se dirigent vers le grand bleu, leur planches sous le bras. Il fait chaud. Il fait beau. Les boucles de mes cheveux dansent follement dans les rafales de vent qui charrient l’odeur salée de la mer. Tout autour de moi est primitif, sauvage, authentique. Des gouttes de sueur perlent sur mon front. Elles se mêlent aussitôt à l’écume des immenses vagues quand je plonge dans l’océan. Tout mon corps est électrisé au contact de l’eau glacée. Je me laisse emporter par le courant fort. Je me sens unie au pouvoir de la nature, de l’eau, du ciel bleu. On est tous faits de la même énergie. Je la sens jusqu’au tréfonds de mon être, dans chaque particule, dans chaque pore, sur ma peau, sous ma peau.  Je ne peux arrêter de sourire. Je bois le bonheur du moment jusqu’à la dernière goutte. Le bonheur se cache parfois, voire souvent, dans la simplicité de l’instant. Je voudrais l’enfermer en moi et l’empêcher de s’enfuir. « Ce qu’il y a de mieux dans ce monde, de plus beau, de plus excitant, ce sont les commencements. L’enfance et les matins ont la splendeur des choses neuves. » Il avait tellement raison Jean d’Ormesson. Le vent et le soleil me murmurent la promesse du renouveau. Je voudrais y croire, comme un enfant excité devant un nouveau cadeau. Le présent de l’existence, de la vie, de la légèreté, de l’aventure. Le matin des commencements.

Tweetez
Partagez
Partagez
Épingle
← Post Précédent
Une luciole qui brille dans la nuit
Post Suivant →
Escapade beyrouthine, entre rêve et matin

À propos L’InstaPlume de Fida

Barre latérale principale

𓂃🪶 Fida

Chroniqueuse et Écrivaine

Catégories

  • Articles
  • Manuscrits
  • Ouvrages
  • Réflexions
  • Textes

Archives

Étiquettes

Amchit amitié amour apocalypse art autobiographie beauté Beyrouth bleu carnage Covid-19 culture deuil enfant espoir expérience femme Ici Beyrouth international women's day journée internationale des femmes Kafka Liban libanaise liberté Lisbonne mort mère méditation namaste Norma Jeane nouvel an Noël OLJ paix papa réalité révolution rêves sang sculpture sentiments silence vivre écrire émigration
Hier soir, j’ai vécu une expérience immersive inou Hier soir, j’ai vécu une expérience immersive inoubliable en assistant à la représentation des “Piliers de la société”, mise en scène par @lucien_bourjeily et produite par @farah_shaer .

Cette œuvre de théâtre, écrite par le dramaturge norvégien Henrik Ibsen en 1877, a pris vie sur le campus de l’Université  américaine de Beyrouth. Axée autour des thèmes du pouvoir, de la corruption et de l’hypocrisie sociale, elle révèle des réalités intemporelles qui continuent de sévir dans nos sociétés. À maintes reprises, les spectateurs ont éclaté de rire tant certaines scènes, bien qu’issues d’un autre siècle, semblaient dresser le portrait du Liban contemporain, tant sur le plan politique que social.

Mais en dépit des épreuves tous azimuts que traverse notre pays, la culture, le talent, l’art et la créativité continuent de triompher.

Hier soir, sur le campus de l’AUB, surplombant une Méditerranée baignée par la lumière argentée d’un croissant de lune, “Les Piliers de la société” ont soufflé une véritable brise d’espoir.
Beyrouth, mon amour, sous un ciel tout en flammes, Beyrouth, mon amour, sous un ciel tout en flammes,
Des marées de “je t’aime” suffiront-elles à te sauver
Des convoitises d’aucuns, voisins ou étrangers ?
Malgré les oliviers réduits en cendres, 
Tel un cèdre obstiné,
Ta beauté continuera de briller dans le firmament de nos âmes.

#beyrouth #amour #crepuscule
Derrière cette porte rouge se trouve mon mentor. O Derrière cette porte rouge se trouve mon mentor. Ou peut-être mon ange gardien, pour employer un registre plus spirituel. Bref, nos chemins se sont croisés, à une période charnière de ma vie. Coïncidence ? Providence ? Tout dépend de la vision que l’on se forge de la vie, du monde, de la foi aussi, de ce en quoi, ou en qui, l’on croit.
Si j’évoque mon mentor, c’est parce que, derrière cette porte rouge, j’ai appris l’importance de l’expression « si seulement ». J’ai compris qu’au crépuscule de la vie, avant que la mort ne finisse par entrer, sans s’annoncer, sans même avoir besoin d’enfoncer la porte, s’imposant royalement, telle une souveraine, « si seulement » devient l’ultime regret d’une âme encore vivante. 
Aujourd’hui, cette expression ne cessait de tourner dans ma tête, comme un disque rayé. 
Si seulement cette amie faisait encore partie de ma vie, quelles aventures aurions-nous vécues ensemble ? Si seulement mon père était toujours vivant, quels conseils m’auraient-ils prodigués ? Si seulement j’avais accepté ce poste à Bruxelles, quelles expériences aurai-je traversées ? Si seulement je n’avais pas décliné l’appel téléphonique d’une personne qui m’avait blessée, aurions-nous pu enterrer la hache de guerre ?
Jamais mes interrogations n’avaient commencé par: « Si seulement je n’avais PAS… »
« Il vaut mieux avoir des remords que des regrets », dit-on. Comme c’est vrai…. Et pourtant, en parlant de destinée, la somme de ces chemins empruntés ou évités n’aurait-elle pas, en définitive, conduit au même point ? 
Mon mentor m’avait conseillé de regarder le film Le Tourbillon de la vie (2022). Ce film raconte l’histoire d’une femme dont la vie est relatée à travers différentes trajectoires possibles, en fonction des choix qu’elle aurait pu faire. Il montre comment de petites décisions peuvent transformer toute une existence, mais suggère que ce qui compte, ce sont les émotions et les liens qui persistent, imperturbables, au-delà des choix effectués, au-delà des chemins empruntés. 

#choix #réflexiondujour #tourbillondelavie
La vie est belle? D’aucuns penseraient: quelle phr La vie est belle? D’aucuns penseraient: quelle phrase cliché! Certes, dans la plupart des cas, la vie ne se déroule pas comme nous le souhaitons. Nous passons nos vies à lutter contre nos déceptions, nos désillusions, nos chagrins, tant dans nos carrières, que dans nos amours ou nos liens sociaux, voire dans la relation que nous entretenons avec nous-mêmes. Parce que nous avions imaginé que les choses se passeraient autrement, “à notre façon”, selon le plan que “nous” avions envisagé pour notre avenir. 

Personne ne nous a appris que le bonheur n’était point un objectif à atteindre en soi, mais plutôt une manière de penser. Le bonheur serait un art: l’art de naviguer à travers toutes ces émotions lorsque le plan B se produit alors que nous attendions encore le plan A. Car après tout, rien n’est définitif. Nous ne sommes que des êtres humains découvrant ce monde, cette existence faite de « peut-être » et non de certitude, tout en essayant de faire de notre mieux. 

Tout réside dans notre manière de répondre aux situations que la vie place sur notre chemin, dans notre perception, notre façon de gérer ce qui est présenté comme des « obstacles » ou des situations négatives. En réalité, il ne s’agit point de situations « positives » ou « négatives ». Ce ne sont que des expériences. Et dans chaque expérience, quelle qu’en soit la forme ou l’ampleur, la clé de la paix, voire du bonheur, se cache dans l’art de lui permettre de nous transformer, de nous éclairer un tant soit peu sur les autres, et sur nous-mêmes; afin d’en sortir emplis de gratitude. Reconnaissants pour ce que nous avons vécu, dans toute notre humanité, sans apposer les étiquettes de « blanc » ou « noir ». Au fond, ce sont ces expériences qui prouvent que nous sommes bel et bien vivants, et qui rendent la vie encore plus belle. 

#beauté #expérience #gemmayzeh
Chaque détail est une onde à la surface de l’eau. Chaque détail est une onde à la surface de l’eau. Chaque onde en crée d’autres qui s’élargissent pour affecter non pas une seule existence, mais des vies au pluriel. Tout est connecté. 

#onde #ripple #vie
En mai 2007, quand j’ai élu domicile dans la capit En mai 2007, quand j’ai élu domicile dans la capitale Beyrouth, j’avais le coeur lourd. Ayant grandi au nord du pays, dans un village tranquille parmi les palmiers et les maisons de pierre aux arcades traditionnelles, aux volets bleus et aux toits en brique rouge, mon enfance était quasiment épargnée des atrocités de la guerre. Je n’aimais donc pas l’idée de devoir vivre dans une ville où les conflits successifs avaient fait rage et des ravages. Je n’étais plus à l’abri du danger. Mais au fil des années, Beyrouth a fini par me séduire. Je l’ai aimé, malgré sa fragilité, malgré le risque d’y être engloutie, corps et âme. J’y suis restée, durant toutes les crises qui l’ont accablé, bien qu’une petite voix intérieure me suppliât de plier bagage. Tandis qu’une partie de la capitale est pilonnée, voici quelques petits coins qui respirent encore la vie, et qui me rappellent pourquoi et comment la ville est parvenue à m’envoûter après avoir tenté de résister à son charme. 

#amour #beyrouth #liban
La guerre bat son plein. Une guerre totale, ouvert La guerre bat son plein. Une guerre totale, ouverte, régionale. Sans limites. Elle défie tous les principes, toutes les valeurs humaines et morales qui m’ont été inculqués. Quel que soit le camp ou la partie, chacun se veut moralisateur. On tue au nom des religions. On tue au nom de la paix. Les leaders jugent, condamnent et infligent leurs sentences du haut de leur piédestal.
C’est quoi ce monde dans lequel je vis ? Aucune partie ne me représente, ni incarne les idéaux qui ont été à la base d’un ordre international pulvérisé par toutes les exactions possibles. Aucune guerre ne saurait prétendre viser la paix. C’est une aberration. La paix est synonyme d’humanité, mais elle n’a pas de place dans un monde régi par l’argent, les profits économiques et les intérêts personnels.
Trêve de justifications et de prétextes ! Toute guerre est un échec, quelle que soit sa finalité. 

#journaldeguerre #beyrouth
J’ai trouvé dans mon armoire cette photo de ma tan J’ai trouvé dans mon armoire cette photo de ma tante Alice, qui n’est plus de ce monde. Je réalise à quel point cette photo lui rend justice. Son sourire, son visage reflètent son innocence, sa candeur et son affection. Elle était le symbole même de la bonté. Elle avait la larme facile, le coeur sur la main et trouvait toujours des excuses aux autres, quels que soient leurs défauts. Ce post n’est pas seulement un hommage à cet ange qui repose désormais dans l’au-delà, mais il est surtout un hommage à tout ce qui est stigmatisé de nos jours: la transparence, la gentillesse, la générosité émotionnelle, l’expression de l’amour. 
Tout est éphémère: le pouvoir, l’argent, les apparences, la santé, tout simplement parce que nous sommes humains. Ce qui transcende notre mortalité et donne un sens à la vie, c’est précisément notre humanité dans toute sa vulnérabilité. 

#hommage #amour #humanité

Footer

Contactez Fida

Si vous avez la moindre question, n'hésitez pas à m'écrire à info@linstaplumedefida.com

Message

Liens

  • Adresse mail
  • Facebook
  • Instagram

Newsletter

Inscrivez-vous à la newsletter pour obtenir les mises à jour

L’instaPlume De Fida © 2026. Tous droits réservés.

Isla Theme by Code + Coconut